sommeil polyphasique #1

Dans ma bucket list (items 23 et 11 cochés depuis, yeah), il y avait « essayer le sommeil polyphasique ». J’avais remis cette idée à plus tard, parce que mon emploi du temps d’alors ne me le permettait pas, mais l’autre jour, je suis retombée sur un blog sur le sujet, et je me suis dit « Et si c’était le moment? ». Dont acte (tel un jeune chiot qui court après la moindre balle, j’ai un temps de latence relativement faible entre une idée et son exécution).

Petite définition pour ceux qui ne connaissent pas : normalement (enfin si vous n’avez pas de nourrisson à la maison, ni de problèmes de prostate), on dort d’une traite entre 7h et 9h par nuit. Le sommeil polyphasique consiste à réduire ce temps de sommeil nocturne (on ne dort plus que de de 4h30 à 1h30) et à le remplacer par un certain nombre de siestes de 20 mn régulièrement espacées dans la journée. La version la plus extrême, surnommée Uberman, consiste à ne faire QUE des siestes de 20mn toutes les 4 heures (oui, vous avez bien lu). Le principe revendiqué par ceux qui l’ont expérimenté est qu’après une pénible période d’adaptation, l’organisme « apprendrait » à rendre les siestes aussi récupératrices qu’un cycle de sommeil de 1h30-2h (en gros on rentrerait tout de suite – au conditionnel, car tout ça reste très expérimental – dans une phase de sommeil paradoxal, celle qui permettrait au cerveau de « récupérer »). Ainsi la plupart des blogueurs ayant réussi une adaptation au sommeil polyphasique déclarent tous être en forme et fonctionner normalement. On n’a pas de témoignage de ceux qui n’y arrivent pas donc peut-être que tout le monde ne peut pas s’adapter non plus (sachant que la période d’adaptation, où on n’arrive pas à dormir bien pendant les siestes, et où on ne dort pas trop la nuit, vous transforme instantanément en zombie). Pourquoi s’infliger ça ? Le principal avantage reste le gain de temps : même dans la version la plus light où on dort 4h30 par nuit, et on fait deux siestes, on libère 2 ou 3 heures de temps éveillé. Et en Uberman, on ne dort plus que 2h par cycle de 24h, ce qui laisse rêveur les hyperactifs de la todolist comme moi… Sinon les motivations sont variées : avoir enfin le temps de lire La Divine Comédie en V.O. pendant que le reste de la famille dort, amortir son abonnement Netflix, tricoter un plaid géant  au lieu des sempiternelles écharpes (un peu d’ambition quoi), expérimenter une conscience du temps différente (en Uberman, il paraît qu’on perd totalement le rythme jour/nuit), avoir un truc à raconter dans un dîner (« je te laisse, faut que je fasse ma sieste »)…Une chose est sûre il y a deux catégories de gens : ceux qui en lisant des articles sur le sujet se disent « n’importe quoi! » et ceux qui veulent essayer à tout prix.

Le sommeil polyphasique est un mythe de blogueur, je ne vois pas d’autres mots pour ça (un peu comme les challenge de 30 jours pour soit disant ancrer une habitude). Il n’a aucun fondement scientifique ni médical, ni n’a fait (à ma connaissance) l’objet d’aucune étude sérieuse sur les conséquences à long terme pour l’organisme. Comme toujours dans le monde des blogs les différents intervenants sur le sujet n’hésitent pas à se parer d’une autorité quasi surnaturelle comme s’ils avaient un PhD en science du sommeil, et affirment à peu près tout et n’importe quoi sur les cycles du sommeil, et / ou les habitudes prétendues polyphasiques d’un certains nombres de célébrités (on lit par exemple couramment que Léonard de Vinci l’aurait été, sans aucune base, en revanche pour avoir lu Les Nuits de Paris, il est vrai que Restif de la Bretonne témoigne dormir en deux tranches de deux heures, une en début de nuit, une l’après midi, mais cet auteur délicat étant inconnu du monde du développement personnel, il est plus rarement cité). Bref il est au sommeil, ce que le régime paléo est à l’alimentation (sérieusement, vous avez déjà lu des articles sur le régime paléo? Un peu comme si chaque blogueur paléo avait personnellement étudié au carbone 14 des dentitions d’homme de Néanderthal). Comme si pour faire des expérimentations un peu folles, il fallait convaincre les autres qu’elles avaient une base biologique et/ou historique.

Cela dit, il semblerait que le sommeil soit un domaine relativement mal étudié par la science, en particulier les rêves. Et si l’on en croit les témoignages (les plus célèbres sont ceux de puredoxyk qui dort en polyphasique depuis plusieurs années, ou de Steve Pavlina qui a chroniqué dans le détail plusieurs mois de sommeil polyphasique),  certaines personnes arriveraient en effet à se caler sur un rythme polyphasique, tout en fonctionnant normalement le reste du temps (encore une fois, on ne sait rien des effets à long terme).

Du coup j’ai décidé d’essayer, sur le rythme le plus soft d’une « nuit » de 4h30 et de deux/trois siestes dans la journée. Je ne sais pas encore si je vais réussir à m’adapter, hier je n’arrivais même plus à lacer mes chaussures, mais aujourd’hui je me suis réveillée à 5h15 en ayant l’impression d’avoir fait une grasse matinée, en tous cas, promis, si je n’y arrive pas je vous dirai toute la vérité (pas comme ces blogueurs qui vous font croire que c’est facile).

 

 

 

 

3 réponses

  1. ça a l’air bien (cela dit étant un animal qui n’arrive déjà pas à dormir normalement malgré les gouttes de lavande sur l’oreiller je vais passer mon tour)

  2. J’adore la remarque sur les blogueurs qui se croient experts en tous et qui cherchent à vous convaincre à tout prix du bienfondé de leur nouvelle lubie!
    En fait, sur le sommeil (comme sur l’alimentation et une infinité d’autres sujets), on s’y connaît mal et on n’arrive pas à définir ce qui marche – notamment parce que cela dépend des individus, tout simplement?

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