Elle est où l’écologie ?

Salut les lombrics,
Vous le savez, je suis dans une phase « vers ». La maison est en place, ne reste plus qu’à la peupler. C’est donc avec joie, que j’accueille mon amie Christie qui vous parlera bien mieux que moi d’écologie et de compost (les petites choses d’abord, pour en faire de grandes ensuite!). Enjoy !
Elle est où, l’écologie, dans le débat présidentiel, dans le programme de notre prochain président ?
Concitoyen, mon frère, concitoyenne, ma sœur, cessons de tout demander au politique et prenons-nous chacun par la main, et prenons nous par la main les uns les autres, avec respect et tendresse et patience : l’écologie, c’est nous qui commençons par la faire, par la réclamer, par l’accepter aussi dans ce qu’elle nous demande de plus exigeant et qui est différent pour chacun.
Moi qui vous parle, je suis la reine du compost et ne conçois pas pour le moment de renoncer à ma grosse voiture ni à mes courses au supermarché. Ça, c’est Marie qui y arrive et qui évangélise ! Et je ne perds pas espoir qu’un jour j’y parviendrai à mon tour.
Mais en tant que reine (autoproclamée) du compost, je peux vous dire en quoi ça me fait du bien et quels sont les facteurs clés de succès pour réussir son compost.
Donnez-moi votre boue, j’en ferai de l’or. Depuis que je connais cette phrase de Baudelaire, il me semble que c’est de ma vie dont il s’agit, ma vie d’écrivain qui recycle ses chagrins et ses doutes dans des textes qui aident moi et certains autres à traverser l’existence. Quand j’ai eu vent de ce moyen de recycler les déchets végétaux, le compostage, j’ai eu très envie de m’y mettre, alors même que j’habitais en ville. J’avais un balcon, avec dessus des plantes en pot, et étais très sensible, à l’arrivée du printemps, à la faim des plantes, à la terre desséchée, à l’évident besoin de nutriments de mes plantes chéries. J’ai pendant des années charrié des sacs et des sacs de terreau depuis le Bricomarché jusqu’à mon balcon, et ça allait mieux. J’ai mis dans l’eau des bouchons et des bouchons d’engrais liquide. Mais quand j’ai découvert l’existence du compost comme instrument de recyclage et d’engrais naturel et puissant, j’ai dit Ça c’est pour moi.
Et un samedi matin, je me suis lancée. Mon mec était parti pour le week-end… J’ai demandé à mon poissonnier deux grandes caisses en polystyrène, que j’ai aménagées et trouées selon les instructions trouvées sur ce site et forum, Vers la terre, super bien fait, amical, précis, encourageant, auprès de qui j’ai forgé mes premières convictions.
J’y ai placé des cartons, quelques feuilles et branches de mes plantounes, et en avant les épluchures ! Et en avant aussi les sopalins et cartons non traités, et coquilles d’oeufs, et peaux d’agrumes : tout ce petit monde s’équilibre et s’enrichit, se neutralise, au niveau de l’humidité / sécheresse, du PH, de l’odeur. Ail, oignon, je mets aussi car même s’ils sont vermifuges, les vers, qui sont très malins, ne s’y attaquent que lorsque les peaux d’ail et oignons ont perdu leurs « pouvoirs ». La seule chose que je ne mets pas c’est la rhubarbe, il parait que c’est très toxique pour les petits chéris. C’est ainsi que j’appelle « mes » vers, au grand damn de « mes » grandes chéries (« mes » filles).
Quelques semaines plus tard, les vers (commandés sur ce même site : quand on n’a pas de jardin, ils ne viennent pas tous seuls), ont rejoint le petit tas d’ordures vertes et brunes dans le bac.
Un outil précieux de l’artisan composteur, ce sont les gants de vaisselle « de luxe » (en plastique un peu solide), qui permettent de touiller le compost, de couper les bâtons et cartons et feuilles en morceaux plus petits, de mélanger les coins secs sur le bord avec les coins humides du milieu. Je le fais à peu près une fois par semaine, ce touillage découpage rééquilibrage. Je me dis que j’y passe 5 minutes, et je m’y sens tellement bien que ça me prend plus souvent une grosse demi heure qui passe toute seule, heureuse, moi les mains dans mon compost.
Voilà, ça fait 5 ans que je me suis mise au compost. Des portées de vers sont mortes. On a eu des mouches. Au bout de plusieurs mois qui m’ont paru interminables, j’ai pu utiliser une matière grumeleuse et pas lisse du tout pour nourrir mes plantes en pot. Des plants de tomates se sont mis à pousser partout, et aussi un immense potimarronnier. Depuis, je laisse quelques graines mais j’en enlève la plupart. Des potimarronniers et tomatiers continuent quand même à pousser de partout ! Certains je les arrache, d’autres je les laisse, d’autres je les replante ailleurs, d’autres je les offre à des copines surprises et ravies.
Contre les fourmis : les agrumes font merveille. Contre les mouches, le carton enlève de l’humidité. Si vous avez trop de mouche, vous pouvez aussi réduire les épluchures de fruits – mais moi je les laisse et ajoute du carton. Le compost a une odeur d’humus qui personnellement m’est agréable (mais bon, vous avez compris que c’est mon truc).
Nous avons déménagé en proche banlieue et avons à présent deux petits jardins et un affreux bac à compost en plastique gris (si c’était à refaire, j’aurais pris celui en bois, un peu plus cher mais plus beau). L’échange du compost avec la terre est plus facile pour réussir son compost (et là les vers viennent tous seuls, ainsi que les cloportes, les limaces, les fourmis, les souris, et même une fois un hérisson qui venait dormir au creux du tas d’épluchures). Nous y ajoutons à présent les herbes coupées lorsque nous tondons notre espèce de pelouse, et les cendres du poële, et les feuilles de la haie. Tous les végétaux malades et les mauvaises herbes, je les jette ailleurs, dans les sacs bruns que nous donne la mairie.
J’utilise toujours le compost pour mes plantes en pot, mais il y a la concurrence de nos rosiers en pleine terre, et les pommiers, et les poiriers, et les groseilliers, et le  potager que nous sommes en train d’installer ! Bref le compost récolté m’est toujours bien précieux. Les petits chéris sont très heureux, et croissent, et se multiplient.
L’innovation de ce printemps, c’est le tamis à compost. Pour l’instant je me sers de la passoire des pâtes, avant d’investir dans un vrai tamis. Je mets deux poignées de compost brut dans la passoire et hop je secoue au dessus du potager, au dessus des rosiers, etc, une terre fine tombe dessus – et je remets le résidu dans le bac.
Nous n’avons pas parlé des économies pour la collectivité, elles sont énormes vous le savez, car les déchets « humides » sont les plus compliqués à brûler. Mais surtout, quel joie de transformer sa boue en or, de ne plus jeter les épluchures, de voir son jardin ou celui des autres s’épanouir à partir de ce mélange riche et issu de notre vie de tous les jours.
Si vous désirez vous y mettre, vraiment ce site Vers la terre est une mine d’or. Et si vous avez d’autres questions : écrivez moi, christievanbremeersch@gmail.com

4 réponses

  1. pensée émue pour le hérisson que j’ai délogé pour choisir les vers pour mon compost… merci vous deux !

    • ça y est mes nouveaux locataires sont à la cave ! je croise les doigts (j’ai dû en plus partir précipitamment en province pour la semaine, donc j’espère qu’ils ne se sont pas suicidés en masse).

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