Les choses inutiles que nous impose la vie moderne

Choisir des yaourts dans une grande surface : est-ce que vous avez vécu ce moment d’angoisse total, qui consiste déjà à se rendre dans un Leclerc Drive (=zone industrielle, parking, caddie aux roues bloquées, odeur bizarre faite de plastique chinois et de détergent, musique atroce), au rayon frais (où en général on se caille) et à se perdre pendant une heure dans la contemplation proprement angoissante de toutes les sortes de yaourts et autres desserts laitiers (à zéro %, au parfum ananas/cranberry, sans lait, enrichi en vitamine) ? Est ce que vraiment c’est une utilisation intéressante de notre temps de cerveau ? NON, évidemment. En plus les dit yaourts malgré l’apparente liberté de choix, sont tous sans exceptions enrichis en additifs divers, et produits par deux ou trois grandes firmes (aux départements marketings sur développés en revanche, pour pondre les dites saveurs). Donc ma réponse sera simple  : boycottez l’achat de desserts laitiers. Les alternatives sont nombreuses : les faire vous même (pas besoin de yaourtière, ça marche très bien au four, même moi j’y arrive), les commander au Comptoir local, trouver un crémier sympathique près de chez vous (je suis consciente que si vous n’habitez pas en plein coeur d’un quartier bobo hors de prix, cette dernière étape sera quelque peu difficile), ou pour les plus radicaux devenir végan(e) (je ne sais jamais si il faut un « e » à la fin).

Écouter de la musique d’ambiance : alors je sais qu’il y a des sites qui répertorient les restaurants végétariens ou gay friendly, mais pitié est-ce qu’on pourrait répertorier les endroits sans musique d’ambiance ? Personnellement je ne connais que le Wepler qui ait gardé une quelconque dignité à ce sujet. Et puis ceci disqualifie immédiatement toutes les boutiques de fringues mais de toutes façon vous avez renoncé à acheter des vêtements depuis longtemps.

Faire les soldes (ou les ventes privées) : encore une chose qui ne sert absolument à rien. La seule bonne solution, c’est d’acheter les choses dont on a besoin (je souligne) au moment où on en a besoin.

Lire le dernier Goncourt (ou tout autre livre dont on parle) : je sais que tenant une maison d’édition, je me tire une balle dans le pied en disant cela, mais normalement on ne devrait lire aucun auteur mort depuis moins de soixante dix ans, le temps fournissant le meilleur filtre.

Regarder les pubs dans le métro ou dans la rue. Malheureusement je ne suis pas encore au pouvoir (cela ne saurait tarder), moment où toute publicité sera interdite dans l’espace public. Du coup, résistez. Baissez les yeux (et profitez en pour saluer le SDF qui est assis juste en dessous). Ou rejoignez un collectif anti-pub. Par contre autant j’ai la haine de la publicité, autant j’ai de la tendresse pour l’affichage militant sauvage sur les murs (je vais parfois me balader dans les vingtième uniquement pour ça).

Lire (et écrire) des mails de boulot : comme des gens comme Cal Newport, je pense que le fait de recevoir (et de devoir répondre à) des mails en permanence, génère plus de nuisance que d’efficacité (surtout quand se créent ces célèbres chaînes de mails, où vous êtes cc, et où tout le monde finit par s’insulter en pondant des développements de trois pages « in red below » et où on vous dira ensuite : « tu n’as pas lu ma réponse »?). Quand je bossais je recevais facilement cent mails par jour. Oui cent. Dont seulement deux ou trois avaient une réelle utilité. Si je voulais tous les lire, j’en avais pour deux heures par jour. Alors que franchement on a envoyé des hommes sur la lune sans mails. La seule solution est la résistance passive : ne jamais répondre. Les gens finiront pas comprendre et vous appelleront.

Par contre l’heure est venue comme au bon vieux temps du stalinisme de faire son auto-critique, alors je vais vous faire un aveu : je suis complètement accro à BFM TV, surtout en période électorale. J’aime tout : la tête de Jean-Baptiste Boursier, les petites phrases qui défilent, la tête des experts, les images qui tournent en boucle. Voilà c’est dit.

Sinon, rien à voir avec la choucroute, mais si vous voulez lire d’autres choses de ma plume que mes sempiternelles récriminations, j’ai écrit (avec mon cher et tendre) un article sur Planète pour le dernier gonzai (en kiosque actuellement) et surtout je suis très fière d’avoir participé à un livre collectif sur Rohmer (l’une de mes idoles), qui devrait paraître en juin.

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