Reprise

Bonjour les gens !

Désolée de vous avoir laissé en plan pendant si longtemps. En punition, j’ai été privée de mois de mai : pas de crépuscules rosés, ni de cerises (trop mauvais temps), mais cette pluie quasi perpétuelle et ces petites averses qui tombaient précisément au moment où vous mettiez les pieds dehors.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui m’est cher : comment ne plus aller au supermarché? Bon je dis supermarché, mais je pense aussi Franprix, G20, Citymarket…

Pour citer G.K. Chesterton  : « Faites tout ce qui peut empêcher l’achèvement de l’entreprise capitaliste. Faites tout ce qui peut la retarder Sauvez une boutique sur cent. Sauvez une petite ferme sur cent. « .

En effet les supermarchés c’est le mal :

  • Ils sont laids, et ils défigurent les périphéries des villes.
  • Les caissiers ont des conditions de travail déplorables (ma nièce a bossé chez Carrefour et elle m’a raconté les blagues machistes – bon ok ce n’est peut-être pas propre aux hyper, les horaires minutés, et la débilité absolue du travail).
  • Ce sont tous les mêmes partout qui vendent les mêmes produits. C’est pour moi le principal problème du capitalisme : imposer l’uniformité là où on pourrait (et où on avait autrefois) des magasins différents, tenus par des gens différents, qui vendaient des produits différents (ce qui pour les plus âgés faisait que voyager même en France était un réel dépaysement). Aujourd’hui tout est « partout pareil » (pour citer mon père qui justifiait ainsi de nous traîner tous les étés dans une vallée perdue de l’Ariège au lieu de nous emmener sur les plages du monde entier comme nous le réclamions).
  • Ils n’ont aucune éthique (achat de viande industrielle produite dans les conditions déplorables), mais ne se gênent pas pour faire du green washing (cf les récentes pubs sur le vrac, au secours).
  • Ils mettent une bonne partie des français au chômage (qui importe des produits chinois à bas prix, obligeant l’usine du coin à fermer).

Pourtant dans mon entourage, tout le monde se rend au moins une fois par semaine dans un Franprix ou un Leclerc parce que (au choix) 1 J’ai une famille 2 Il y a tout sur place 3 Il est minuit et je n’ai plus de tampax 4 Je ne vais quand même pas faire mes courses dans six magasins différents.

Eh oui, arrêter de faire ses courses en grande surface c’est pénible, cela demande un peu (beaucoup) de boulot, et – c’est vrai – cela demande de vivre dans un confort moindre. Mais la bonne nouvelle, c’est que c’est tout à fait possible.

La règle numéro un c’est de remplacer le jetable (Sopalin, couverts en plastiques, tampons hygiéniques…) par du durable. Si vous avez la chance d’avoir des grand parents encore en vie, demandez leur comment ils vivaient quand ils étaient petits et recopiez.

La règle numéro deux c’est de manger moins de viande / fromage / produits laitiers  (voire plus du tout pour les plus motivés d’entre nous) et de retrouver le chemin de votre boucher et de votre fromager le plus proche.

La règle numéro trois c’est d’acheter en grandes quantités tout ce qui est longue conservation dans l’endroit de votre choix (marché si vous avez la chance d’en avoir un près de chez vous, magasin bio, épicerie de quartier), ainsi vous n’aurez pas la tentation de vous ruer sur le G20 un dimanche soir parce que les placards sont vides.

Enfin il ne vous restera plus qu’à apprendre à faire le ménage avec le tryptique « vinaigre d’alcool / bicarbonate et savon noir » (que idem vous stockerez), et le tour est presque joué.

Bon et moi je ne le fais pas mais je sais que certain(e)s en sont capables, il reste pour ceux qui ont du temps et / ou des économies : faire soi même (son pain, sa lessive, son Nutella, ses yaourts…).

Je ne vous cache pas qu’il y aura de nombreux obstacles.

Le premier est que soit cela vous coûtera plus d’argent, soit si vous choisissez l’option faire soi même, cela vous prendra plus de temps. C’est inévitable, et c’est un sacrifice à faire. En effet les bas coûts et le confort des horaires étendus des grandes surfaces masquent toutes les externalités négatives (citées plus haut) qui ne sont pas comprises dans le prix. Si les économistes de Bercy faisaient leur boulot, il y aurait une taxe spéciale pour rétablir l’équilibre (=intégrer les externalités), mais comme c’est impopulaire, on préfère fermer les usines et les petites exploitations agricoles et continuer à soutenir les importations de produits chinois. C’est un choix (ne vous inquiétez pas quand je serai au pouvoir tout ceci sera vite réglé). Mais du coup c’est au consomnateur de faire les efforts. On peut juger que c’est injuste et du coup refuser de les faire, ou tant pis accepter le sacrifice.

Le second est que les enfants sont littéralement drogués aux marques et vont vous réclamer qui du Nutella, qui leur paquet de céréales (avec labyrinthe à faire derrière), qui leurs gâteaux favoris. A ce jeu là il n’y a qu’une catégorie de mères qui s’en sortent : celles qui savent préparer des fournies de cookies faits maison. Les autres, comme moi, deviennent simplement impopulaires. Compensez avec autre chose.

Le troisième est qu’on a l’impression que cela ne sert à rien. C’est toujours la question de l’intérêt de faire des efforts individuels qui ne pèsent presque pas dans la balance globale. Effectivement vos efforts ne se verrons pas trop, et ne précipiteront sans doute pas  le grand jour (quoique finalement who knows?), mais au moins vous vivrez en accord avec vos principes (et en plus vous mangerez mieux, et vous rencontrerez des bouchers et des boulangers sympas).

Question subsidiaire (qu’on me pose souvent) : est-ce que j’intègre dans mon combat les grandes surfaces bio genre Naturalia? réponse : non évidemment. Sans Naturalia, je ne pourrai pas survivre. Il y a un problème avec leurs fruits et légumes (qui viennent tous de grandes exploitations espagnoles qui n’ont de bio que le nom), mais pour le reste c’est indispensable.

La prochaine fois, je vous expliquerai comment bien vous habiller sans aller chez H&M et Zara ni ces horribles marques de vêtements éthiques (avec leur nom moins horribles chaussures en matière végétale).

 

 

20 réponses

  1. J’en suis ! Je veux dire impopulaire auprès des enfants car la céréale ultra sucrée et bicolore (entre autres) c’est niet à la maison. Et l’argument est simple, trop de sucre trop de chimie trop de sel et au final trop « degueu ». Ils comprennent… enfin, parfois ils mangent une beurkandise et sont contents …
    Nous faisons les courses à la Biocoop, qui livre à vélo. Les portions y sont « familiales » gros pots d’olives, de poivrons, etc …
    J’aime moins Naturalia qui n’a pas de chambre froide chez nous et pour les portions qu’on ne retrouve pas en grosse quantité (hors vrac).
    J’achète mon pain (Mais non bio du coup) chez le boulanger, mon fromage à la Biocoop où chez le fromager. MAIS parfois quand le temps presse je vais chez Monop (et je prends du bio pour tout un tas de bonnes raisons, même si j’ai conscience qu’il peut s’agir d’un bio relatif …) bref, on fait le max pour mieux consommer et résponsabiliser les enfants aussi.
    J’ai aussi une astuce pour conserver au réfrigérateur de la mâche, des oignons blancs épluchés, des tomates cerises, bref bcp de légumes « délicats », je les mets dans les gros pots en verre que je récupére de mes achats de conserves à la Biocoop. La conservation est très très nettement améliorée ).

  2. Petit à petit, les habitudes de conso évoluent. Pas évident pour les enfants au début de se passer des céréales dégueux mais finalement on y arrive. Et aujourd’hui première lessive faite maison! Cette synchronicité avec ton message m’a fait sourire!

    • ah la lessive maison c’est mon projet de rentrée 😉 par contre là nous sommes en vacances et je dois avouer que dans les buffets des hôtels les enfants se ruent sur le Nutella et les céréales dégueu ! Un peu inévitable.

  3. Merci pour ce retour avec un sujet qui est ma priorité n°1 cette année. Je fuis tous les supermarchés car je me sentais peu fière de mes achats à chaque passage en caisse: du superflu, du pas bon…
    vive la biocoop pour l’épicerie de base, les marchés de producteurs pour les produits frais, les petits commerçants (qui deviennent rares..) pour le reste..
    Beaucoup moins d’achats au final ..

  4. J’en suis aussi. Depuis 5 ans fini les supermarchés. Le seul que je pratique est le petit « eau vive » près de chez moi et parfois la biocoop près du bureau. Tout le reste provient du marché où je retrouve les producteurs de fruits et legumes, celui de fromage de chèvre et quand j’ai envie de poulet l’éleveur. Tout bio. Je mesure ma chance, je mesure les choix que nous avons faits et que nous faisons chaque jour. Je ne peux physiquement plus rentrer dans un supermarché standard où je me sens agressée (lumière, bruit) et écœurée (de cette surabondance factice, de cette surexploitation de l’autre (humain, animal).
    Pendant quelque temps les temps de ma cadette ont grincé car les rares fois où j’achetais une pâte à tartiner ce n’était pas du Nutella…et rien ne l’égalait, évidemment. Désormais c’est mon homme qui l’a fait, c’est un régal et elle est sa première fan…
    Heureuse de te relire.

  5. On empoisonne moins la planète et soi-même avec naturalia, mais on ne combat pas le capitalisme : si je ne m’abuse, c’est une filiale du perfide monop. Mais bon, c’est toujours ça et il n’y a pas des coopératives partout. Et je suis sûre que ça sert : avant il y avait un magasin bio glauque par département, maintenant à Paris c’est à chaque coin de rue. En attendant que tu sois au pouvoir, c’est tout de même une évolution réconfortante 😉

  6. Nous attendons tous ta dictature (en attendant je dois avouer que j’ai bcp de mal (malgré mes gros biceps) pour ramener les courses en vélo du magasin bio à la maison (je hurle quand les citrons roulent par terre))

    • ces traîtres de citron bio quand ils ne roulent pas par terre pourrissent au fond du sac à légume (je viens d’en récupérer un dans un sale état que j’avais je ne sais pourquoi casé dans un sac « provisions de vacances »).

  7. comme je sais où tu traines parfois tes guêtres de mère attentionnée qui scolarise ses enfants dans les quartiers du centre, pas très loin de bastille, il y a une biocoop qui pourra certainement te livrer à vélo (welcome bio). un plein par semaine me suffit pour toute la famille.

    • c’est vrai que je n’ai jamais le réflexe « livraison ». En plus j’ai un nouveau biocoop qui vient d’ouvrir dans mon quartier (mais bon il en ouvre un toutes les 5 mn). Par contre je constate que manger bio et local quand on sort du neuvième arrondissement et qu’on arpente les routes de France c’est carrément impossible (dixit quelqu’un qui vient de faire trois repas d’affilée sur des restoroutes).

  8. En tant que fidèle disciple du Guru, j’ai arrêté d’aller au supermarché sur l’inspiration de la tenancière de ce lieu. Au début j’ai eu quelques crises de manque en passant devant des Monop maintenant ça va mieux. J’ai drôlement hâte de lire les conseils pour se vestir.

    • c’est vrai que j’achète encore des vêtements chez Monop. C’est difficile de résister : c’est pas cher, solide, et en général bien coupé. Et je ne parle pas des sous vêtements…

  9. Ah, contente de te relire (oui, je me permets de te tutoyer).
    Je n’aime pas les supermarchés, l’abondance de choix m’angoissant profondément… Et là, de retour d’un lointain exotique, c’est encore pire.
    A vrai dire, je n’ai pas de solution miracle, vu que je scinde mes achats : Naturalia ou équivalent (hors de prix, franchement hors de prix) pour les produits de base bio, La Ruche qui Dit Oui pour les légumes et le reste, et La Louve quand c’est ouvert et que j’y pense.
    Pour la viande, c’est possible d’en acheter à la Ruche, mais je m’approvisionne principalement sur Internet (achat direct auprès des producteurs, etc.).
    En revanche, je ne suis pas convaincue (et ma femme de ménage non plus) par les produits d’entretien bio… Quelqu’un a-t-il une marque à me conseiller?

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