Faire son COS (=Coming Out Spirituel)

J’ai piqué l’expression à un ami, qui se demandait si, à l’aube de la quarantaine, ce n’était pas le moment pour lui de « faire son coming out ». « Tu quittes ta femme pour un homme? » ai-je bêtement demandé. « Mais non, mon coming out spirituel ! Dire à tout le monde ce que je crois et ce qui est important pour moi, mais dont je ne parle jamais avec personne in fine ». Cette conversation m’a durablement marquée, aussi j’aborde désormais le sujet avec toutes les personnes avec qui je discute plus de dix minutes à la volée (tu n’y échapperas pas, lecteur de ce blog).

Comme vous l’avez remarqué, 1) j’aime beaucoup les acronymes et 2) vous l’aurez compris à mes citations fréquentes de Saint Paul et mon admiration sans bornes pour Saint Thomas d’Aquin : je suis catholique (et ça va bien, merci). Dans une situation un peu étrange, car je suis la seule de mon entourage (mes quelques amis qui pratiquent une religion sont juifs ou protestants, le reste se partage entre athéisme revendiqué et agnosticisme prudent). Ma conversion, qui a d’ailleurs été relativement tardive (après des années et des années de questionnement) a suscité des sentiments divers dans mon entourage (majoritairement surdiplômé, de préférence en sciences dures) qui m’a un temps parlé comme à un jeune qui rejoindrait le Jihad (« c’est normal, tu es en manque de repères, mais vas voir un psy et tu verras ça va passer »), tout en mêlant stupéfaction (« mais pourquoi ? et tu vas à la messe ? et tu crois vraiment à tout ça? »), à une rationalisation ex-post (« de toutes façons, tu as toujours eu l’esprit de contradiction »), en finissant généralement par une conclusion bon teint (« moi je pourrai jamais »).

Le but de ce post n’étant pas de vous raconter le pourquoi du comment (en plus j’aimerais bien avoir une histoire cool à raconter comme le pilier de Notre Dame, ou le chemin de Damas, mais hélas rien de spectaculaire dans mon cas) mais plutôt de partager quelques réflexions et questions que je me suis longtemps posées.

La première est que j’ai un tropisme marqué pour les hérétiques (ah Marcion…), et les à côté du système (une des personnes qui m’inspire le plus est Simone Weil, qui a toujours refusé le baptême et les sacrements). Position peut-être justifiée par ma propre situation « en marge » de l’Église (étant divorcée, remariée, je suis, de fait, écartée de certains sacrements comme l’Eucharistie). J’ai passé des années (des années très heureuses, d’ailleurs) plongée dans les textes hermétiques chrétiens (Louis Claude de Saint Martin!), les mystiques (qui ont toujours été un peu vu de travers par l’église « officielle »), l’histoire des diverses sectes (des gnostiques aux albigeois). Et au fond, si aujourd’hui je peux me sentir « chez moi » sur la grande route (car c’est le cas maintenant), c’est parce que j’ai passé pas mal de temps sur les chemins de traverse  – où je me sens d’ailleurs tout aussi « chez moi », mais ceci est une autre histoire.

La seconde est que l’Église et ses représentants officiels (oui même toi Pope Francis, le roi de la twittosphère) en réduisant leur intervention dans la sphère publique à des questions purement sociales (questions familiales, migrants….) n’incite pas beaucoup à pousser leur porte, lorsqu’on est agité par des interrogations plus profondes (et comme dirait Saint Paul ce monde va passer, alors le mariage pour tous, franchement…). Je suis même à peu près sûr qu’ils écartent 99% des personnes qui comme on dit dans Psychologie Magazine sont « en quête de sens » et qui vont légitimement se tourner vers une vidéo d’Eckart Tolle ou n’importe quel livre sur la méditation pleine conscience, au lieu d’ouvrir les Évangiles (cela d’ailleurs a été mon cas pendant des années). Sans compter la déprime totale quand on va à la messe et qu’on se retrouve entre trois familles de huit enfants en loden (sentiment d’appartenance : zéro) (heureusement j’ai eu la chance de croiser des représentants brillants, surintelligents et attachants de cette belle religion, sinon je serai encore à me gratter la tête sur mon tapis de yoga)(je fais toujours du yoga sinon, no offense pour les yogini qui me lisent).

La troisième (c’est toujours bien de le préciser) c’est que bien que scientifique de formation, et pas du tout theilhardienne de culture (comme Houellebecq les fan de Teilhard de Chardin me font hurler de rire), je crois à tout le package, même (et surtout) à ce qui paraît absurde ou impossible (miracles, résurrection, transsubstantiation etc.). Et je dirais même que je n’y vois aucune contradiction avec la science (voilà, brûlez moi sur un bûcher!).

La quatrième c’est que le système de pensée dans lequel je fonctionnais « avant » i.e. le matérialisme rationaliste, m’apparaît maintenant pour ce qu’il est : un système de croyance, qui en vaut bien un autre, mais absolument pas une vérité ultime (je conçois évidemment que ce système apparaisse, pour beaucoup, comme le plus fondé en raison).

La dernière est, du coup, que je ne me sens pas du tout à l’aise quand je discute avec des gens très sûrs d’eux, qui n’ont jamais remis en causes leurs croyances (qu’ils soient catholiques depuis trente générations, ou athées frénétiques à la Richard Dawkins). Pour moi la foi passe par le doute et l’examen, il me paraît aberrant de croire sans accepter de douter, et profondément. De cœur, je suis (toujours) du côté de ceux qui ne savent pas, ou qui se posent des questions.

Du coup pour ces derniers (ne vous inquiétez pas, je ne veux convertir personne, d’ailleurs je pense que ça ne sert à rien), je recommande quand même vraiment plus l’étude des mathématiques (ayant un fond pythagoricien, je crois que la résolution par Grigori Perelman de la conjecture de Poincaré a précipité ma conversion) et de la physique, tellement passionnante en ce moment (Philippe Guillemand prétend que le récent incident de la fouine au CERN est une intervention du futur, ha ha !). Ou la lecture de livres de tous horizons, dans les directions qui vous parlent. Parce que comme disent nos amis gnostiques, on n’a jamais vraiment trouvé la réponse à ces cinq questions, mais y penser fait quand même le sel de la vie :

« Qui étions-nous? Que sommes-nous devenus? Où étions-nous? Où avons-nous été jetés? Vers où nous hâtons-nous?  » (d’après un disciple de Valentin).

Et en bonus voilà mes livres préférés sur la spiritualité et les grandes questions, en tous cas ceux qui m’ont fait le plus réfléchir (liste non exhaustive) :

Le sacre du dragon vert, Eric Baret, La joie sans objet, Jean Klein, Le pouvoir du moment présent, Eckart Tolle, Les gnostiques, Jacques Lacarrière, Les hommes ivres de Dieu, Jacques Lacarrière, Histoire de la mort en occident, Philippe Ariès, Les méditations sur les 22 arcanes du Tarot (anonyme), Conversations avec Dieu, Neal Donald Walsche, Attente de Dieu, Simone Weil, La pesanteur et la grâce, Simone Weil, Notre existence a-t-elle un sens? Jean Staune, Quantum Enigma, Bruce Rosenblum et Fred Kutter, La structure des révolutions scientifiques, Thomas Kuhn (montre que la pensée humaine évolue via une série de paradigmes, chacun étant amené à être chassé par le suivant), Le chemin est le but, Chogyam Trungpa, Bardo, Chogyam Trungpa, les Évangiles (quand même!) et le Nouveau Testament de manière générale, les écrits de Charles de Foucault, de Sainte Thérèse de Lisieux, de Sainte Thérèse d’Avila (mais pas Saint Jean de la Croix, auquel je n’ai jamais rien compris), Récoltes et Semailles de Groethendieck (attention beaucoup à jeter dans ce « livre », mais pas mal de fulgurances aussi), Après l’exaste, la lessive de Jake Kornfield (un livre très drôle et très juste sur l’expérience spirituelle)…

Voilà, et vous, c’est quoi votre COS?

9 réponses

  1. Jésus reste la meilleure référence disponible à mon avis, mais comme il a passé quatre évangiles à nous dire de laisser tomber nos petites habitudes pour réfléchir à ce qui est vraiment important, et à délaisser les moutons blancs pour aller rechercher le mouton noir, on a un peu du mal à espérer le trouver dans l’Eglise, qui traque le poil noir sur chaque mouton. Quand le monde entier s’entrégorge, comment peut-on dire sérieusement que les divorcés remariés sont en état de péché mortel ? que les homosexuels qui ont des enfants/veulent fonder une famille civile/ne veulent pas fonder une famille civile sont des pervers, mais pas les couples hétéro complètement immatures qui tuent leurs enfants à force de maltraitance ? que la contraception ET la procréation médicalement assistée sont contre-nature (mais pas soigner les maladies) ?

    Ou alors, il faut peut-être beaucoup de sainteté, justement, pour faire fi de toutes ces « invitations » décourageantes et se concentrer sur le plus important que la messe peut vous apporter ? Mais quand on ne peut pas communier, qu’est-ce qu’on trouve à la messe qu’on ne trouverait pas tout seul en lisant St Thomas d’Aquin ? (parce que Ste Thérèse ce n’est pas possible, on pleure trop, les lignes se mélangent). Ton avis m’intéresse !

    • Ah si pas mal de choses quand même : la prière en commun (pas tout à fait la même chose que prier tout seul chez soi), un instant de recueillement en présence du Christ (car même si tu ne communies pas tu profites quand même de la Présence Réelle ;-), et puis méditer les lectures du jour (je pourrai les lire tranquillement chez moi, mais bizarrement je n’y pense pas toujours). Bon et propre à ma paroisse des homélies qui tombent très souvent très juste et me donnent en général du grain à moudre pour la semaine !

  2. Avec un prénom comme le tien, tu es quand même bien née dans la marmite catholique, non?! Ton billet me touche beaucoup parce que des cathos comme toi, ça ne court pas les rues (pour toute une branche de ma famille, moins de 4 enfants c’est petit joueur, autant monter à 6-7 ; no sex avant le mariage donc mariage entre 19 et 22 ans avec un contrôle strict par la famille ; bien sûr, un ou deux prêtres par génération et par sous-branche ; point de salut hors école de commerce (l’aumônerie y fait aussi office de club de rencontre) ; un look imbitable (avec jupe quasi obligatoire pour les filles); une manière d’asséner ses opinions comme si c’était la « vérité vraie ». Forcément, les gens comme moi, on fait un peu tache dans le décor. En même temps j’ai une très vive admiration pour le catholic way of life : le côté clanique très marqué (c’est rassurant), chaque aspect de la vie est normé-balisé, les valeurs sont hyper solides et les gens semblent épanouis . bref, des modèles d’intégration sans même avoir eu à chercher, à tâtonner, à se planter).

    Comme tu l’écris, le problème est celui de l’intégration des marges, de l’acceptation de la différence, de l’examen de la foi, du doute. Moi qui voulais être bonne soeur (comme beaucoup de petites filles), j’ai commencé à être refroidie le jour où, au caté (pousses-tu le « vice » jusqu’à donner des cours de catéchisme, hihi?) la dame impatientée m’a répondu « tais-toi et croie » (sic) (parce que je comprenais pas si la création du monde résultait du big bang ou de la Genèse. les deux versions collaient pas et avec mes huit ans je trouvais ça très perturbant)

    (faut que je me refrène parce que je peux être intarissable sur le sujet)

    Bref, mollement agnostique. Père très catho (avec un cursus en théologie à la Catho commencé quand il était actif 😉 mère bouddhiste (bien avant que ce soit la mode ; pour les raisons que tu évoques). Avec ce passif, la « quête de sens », forcément, je la partage, mais j’ai un fort rejet envers le bouddhisme juif-californien pour occidentaux névrosés ( pour le Dalaï-Lama, même) et avec certaines franges de l’Eglise catholique. Je me méfie de la spiritualité quand elle est le prête-nom d’une quête de sens/quête de soi ou quand elle est synonyme de traditionalisme familial et culturel ou d’entre-soi.
    Mais comme tu le dis, les gens « intelligents » ou ceux qui occupent des postes dans des entreprises où la culture d’entreprise ne déroule pas le tapis rouge aux cadres cathos, font rarement état de leur foi. Jusqu’à leur COS ;-))

    Ma dernière retraite date de l’été dernier (chez les bénédictins) (pour être au calme et écrire dans un endroit magnifique. ok, parfois assister à des offices). J’avais qu’une trouille, c’est que l’Esprit saint me tombe dessus (version saint Paul sur le chemin de Damas). J’étais encore persuadée que la foi s’acquiert à la naissance (par reproduction filiale et religieuse) ou vous tombe dessus. J’ai rencontré et discuté avec pas mal de retraitants de tous âges, de tous sexes et de tous milieux et j’ai été surprise du nombre de nouveaux convertis (attention, minute raciste. Pleine de préjugés, j’étais persuadée que les conversions en France ne concernaient que l’islam et que le catholicisme se développait en Afrique ou en Asie principalement. Ouais, parfois je crains…). Donc je me suis aperçue que la voie vers la conversion (mais c’est pareil en politique) passe par des liens amicaux (une rencontre importante qui oriente une quête préalable et l’aide à prendre forme). Du coup, quand à un précédent commentaire tu répondais que tu avais retrouvé la foi grâce à saint Thomas d’Aquin, je ne peux m’empêcher de penser que c’est l’un des éléments de ta conversion mais peut-être pas le plus décisif, non? Parce que la foi, c’est quand même un truc un peu dingue …

    Autre chose qui me passe à l’esprit : j’ai très souvent l’impression que les cathos se sont détournés de la société (sauf pour la « manif pour tous »). A cause de l’argument que tu avances en plaisantant (« ce monde va passer ») et qu’on m’a formulé autrement: « dieu pourvoira à tout » (sic). Je n’arrive pas à admettre un tel attentisme politique (finalement, on reconduit la société telle qu’elle va, en se plaçant uniquement sur le plan des valeurs, en agissant dans le domaine de la solidarité. c’est mieux que rien tu me diras..). Certes, il y a eu Simone Weil, Ivan Illich ; il y a eu des prêtres ouvriers mais globalement (attention préjugé), la critique de la société par les cathos est souvent réactionnaire (conservatisme de droite).

    Ton dernier point, le 5, est au fond celui qui m’importe le plus. L’athée sûr de lui ( l’argument classique de l’Inquisition et du Pape qui n’incite pas au port de la capote. Avec ça « la messe est dite ») a autant tendance à m’exaspérer qu’une de mes cousines qui espérait me convaincre de l’existence de Dieu par les miracles et la Soubirous…

    Je repense à un autre commentaire à un de tes posts, à propos de Julia Cameron. Il s’avère que j’en ai entrepris la lecture juste après avoir relu Les particules élémentaires. Gros clash entre le cynisme exacerbé de Houellebecq, son ton extrêmement mordant lorsqu’il aborde le sujet du développement personnel (cf. le séjour de Bruno au Lieu du changement) et le blabla new age premier degré de Mrs Cameron. Je n’adhère ni à l’un ni à l’autre d’ailleurs, deux repoussoirs dans mon rapport au monde. d’ailleurs, je ne sais pas ce que cette remarque vient faire ici.

    Désolée pour ce pavé, le sujet m’inspire à un point (surtout, il soulève énormément de sentiments contradictoires)

    Dernière question un peu perso (ne réponds pas si ce n’est pas l’endroit) : l’éducation religieuse de tes enfants, tu l’envisages comment? Aussi : Rome, c’est pour le jubilé?
    quid des chansons pour jeunes post-vatican II?

    • Ha ha chère aubépine, je crois que tu as battu tes records de commentaires là ! Et bien tu l’auras voulu, tu auras une réponse fleuve, sur ce sujet oh combien sensible. Non je n’ai même pas grandi dans une famille catholique, un vague catholicisme « de convenance » côté grand parents paternel mais uniquement pour le statut social (qui d’ailleurs n’était observé que par les femmes, by the way ladite grand mère a fait remarquer à ma naissance que « Marie c’est un prénom de bonne », tu vois la photo), des parents athées / voire anti-cléricaux côté maternel (avec une branche très marquée « bouffeurs de curés »). Mais il se trouve (toujours le statut social) que je me suis retrouvée dans l’enseignement catho, où j’ai pu expérimenter la foi, et vouloir en effet devenir Sainte Thérèse de Lisieux (vers 11 ans). Après, pareil, sentiment d’envie/mépris mêlé pour les familles tradis que je côtoyais, détestation absolue des dames cathéchistes et de ce qu’on nous y enseignait (nous étions dans les années 90 et ça tournait encore pas mal autour du fait de garder sa virginité avant le mariage, si si), bref je me suis désolidarisé du tout dans un grand élan de révolte adolescente. Ont suivi ensuite de longues années de doute, et de culpabilité : j’étais jalouse dès que je croisais des chrétiens convaincus, mais dès que je remettais les pieds dans une messe je repartais en courant. Bref. Pour rebondir sur une de tes remarques, si je cite beaucoup Saint Thomas d’Aquin c’est parce que le retour à la foi s’est fait de mon côté quand j’ai compris que la foi pouvait être vue comme une modalité de l’activité intellectuelle, et qu’il n’y avait pas exclusion (comme on nous l’enseigne si bien parfois) mais inclusion (et non complémentarité). Mais ça demande en effet de trouver des interlocuteurs avec qui parler de cela, comme tu le fais justement remarquer, la conversion passe très souvent par des rencontres (certes on rencontre le Christ, mais bon il ne se présente pas toujours comme ça dans votre chambre, comme il l’a fait avec Simone Weil), et j’ai eu la chance de faire en effet un certain nombre de ces rencontres (en particulier deux prêtres aussi opposés que possibles, plus une personne que j’ai rencontrée à mon précédent boulot et avec qui j’ai du passer une année à discuter de théologie). Les rencontres, Saint Thomas d’Aquin ça ne suffisait pas, il a fallu les sciences, plus quelques autres pièces (dont l’ésotérisme) pour que le puzzle s’assemble enfin. Comme dirait Bresson, « quel long chemin il m’a fallu… ».
      Sur le sujet « cathos et société », je suis intarissable et il me faudrait une autre note de blog. De mon côté, je pense qu’on ne peut se dire catholique et par exemple soutenir le système (financier, libéral…) actuel, ni consommer n’importe comment, ni accumuler plein d’argent sur un compte en banque. Et s’engager fermement contre un certain nombre de dérives de la toute puissance technologique (transhumanisme, I.A., eugénisme…) qui vont s’accélérer dans les années à venir. Je me sens proche en cela de la revue Limites (grands lecteurs de Illich et Ellul), pas sur tous les sujets mais je suis contente de voir que ça bouge un peu.
      Voilà je n’ai pas répondu à tout / réagi à tout mais on aura je l’espère l’occasion d’en reparler !

  3. oula mais qu’est-ce que vous avez tous par ici a vouloir devenir Sainte Thérèse de Lisieux a 11 ans?
    je l’avoue, je suis un peu l’athée du groupe. A chaque fois que j’essaye de m’interesser au catholicisme, je hurle (mais je viens d’un milieu résolument athé donc forcément ca n’aide pas, d’autant plus que je connais peu de cathos avec un humour galopant et que cela me crispe)
    Aussi j’ai tendance a associer les cathos a une forme de dépression (comme Sartre) et je n’aime pas leur renoncement face au monde (je déteste le curé dans la peste de Camus, je préfere le médecin)

    Cela dit, je suis d’accord avec toi sur le fait que le plus important dans la vie, c’est de reconnaitre qu’on ne sait pas (j’ai beaucoup de mal avec les théories « 100% sur et certain c’est ainsi que le monde fonctionne »)
    j’aime bien aussi le coté « gentil » de certains cathos, ce coté « famille », et sincere attention pour les autres.

    pourquoi avoir choisi d’etre catho et pas autre chose? (il y a plein de religions ou courants mystiques sur terre)

    moi si je crois a un truc, c’est au pouvoir de la nature. une sorte d’animisme a la japonaise quoi.

    • Tu es un renardeau nitzchéen ! Je comprends que le catholicisme puisse faire hurler. De mon côté, j’ai exploré pas mal d’autres choses (y compris Gurdjieff ou la connection avec ses incarnations antérieures (true)). Bon je sais pas trop expliquer le pourquoi, c’est un peu comme choisir un mâle, à un moment c’est comme ça (étoiles dans les yeux). Mais sache que malgré son aspect très culcul la praline, Sainte Thérèse déchire grave.

  4. Waouh, un post sur le catholicisme!
    J’ai été élevée en bonne catho, dans une ville de sur-cathos, en allant au catéchisme où mon réflexe de première de classe me faisait retenir des parties entières de la Bible et de la messe (non, pardon, toute la messe)… Et puis, ça m’est passé, en partie parce que les prêtres m’ennuyaient avec leurs dogmatismes et aussi parce que je ne les trouvais pas très intelligents. Et aussi parce que je faisais face au conservatisme catho qui est tout de même très angoissant, avec jugement moral à l’emporte-pièce et autres joyeusetés.
    Aujourd’hui, je ne vais pas à la messe faute de trouver une paroisse intéressante (mais, Marie, je veux bien savoir où tu vas et comment tu survis aux sermons ronflants) et aussi parce que je me reconnais davantage dans un rapport plus direct à dieu (cf. protestantisme et judaïsme). Aussi, ne communies-tu plus parce que tu es remariée??
    Un dernier point : j’aime aussi beaucoup Après l’extase, la lessive. Peut-être est-il temps de lire Ste Thérèse d’Avila et St Thomas d’Aquin?

    • Tu as pointé juste ! Dogmatisme et manque d’intelligence : on peut dire qu’ils font tout pour décourager les bonnes volontés. Oui divorcé/ remariée = pas de communion (ni de confession d’ailleurs). Je vais à ND de Lorette, 18h30 le dimanche, sermons pas du tout ronflants, au contraire (enfin ça dépend des prêtres mais la majeure partie du temps, ça vaut le coup). Après l’extase la lessive est vraiment un livre très juste, il m’a beaucoup marquée. Pour Sainte Thérèse d’Avila il vaut mieux commencer par « Histoire de ma vie » que par « Le château de l’âme » qui est plus obscur.

  5. Et bim! au moins 3 bouquins à rajouter dans ma liste de bouquins à découvrir! Je n’ai jamais lu un bouquin d’Edith Wharton, et à te lire, c’est bien dommage pour moi. Il faudra que j’y remédie dès que j’aurais un peu avancé dans ma PAL infinie.

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