Bilan au bout de quelques mois

Comme j’en avais parlé , et , cela va faire 4 mois que je suis à glander en terrasse en congé pour création d’entreprise, et comme le fait remarquer une amie : le printemps c’est aussi l’heure des bilans alors qu’est-ce que j’en retire ?

Tout d’abord je ne peux cacher à la fréquence de mes notes sur la gestion du temps que je peine à m’organiser comme je le voudrais : j’ai souvent l’impression désagréable que j’étais bien plus efficace quand je menais de front deux boulots en même temps (plus la vie de famille) que maintenant. Mais en revanche, je suis aussi beaucoup moins stressée, j’ai une hygiène de vie proche de la perfection (sport bi-quotidien, graines de courge et méditation : on peut le dire j’ai  le sourire bienveillant des Trois amis en quête de sagesse sur le corps de Nabilla (sauf les seins à 40000 euros, je fais attention en ce moment), je dors comme un bébé (en mode polyphasique), je passe du quality time en famille à faire pâlir une mère américaine, et je suis beauuuucoup plus patiente à la maison (selon les organisateurs, selon la police ça reste à prouver).

Est-ce que le bureau me manque ? Alors dans l’ensemble non pas du tout sauf une chose : mon équipe (ils étaient drôles, cools, et intelligents, snif). Ce qui me manque du bureau, c’est plutôt l’adrénaline, les deadlines, car quand on bosse pour soi, sur des projets plutôt à long terme, voire pas très bien définis (comme « chercher un sens à ma vie », « voir si je me remets au latin ou pas », « écrire un roman »…), on tombe facilement dans le (grand) doute existentiel. C’est vrai que le bureau offre ce confort de se sentir occupé, à défaut d’être efficace…Du coup comme j’ai toujours l’impression d’être en retard sur mes GPE (= Grands Projets Existentiels), je ne m’autorise pas autant que je voudrais à faire les choses que j’avais tellement envie de faire quand j’étais salariée, à savoir marcher sans but dans Paris, aller voir des films l’après midi, ou partir marcher dans la Creuse. Ça me rappelle l’époque pénible où j’étais étudiante et toujours en retard d’un mémoire à rendre ou d’un devoir à réviser (et où je noyais ma culpabilité à la cinémathèque devant des films d’horreur italiens des années 70).

Bref.

De manière plus fondamentale je voulais aussi profiter de cette expérience pour réfléchir à ce que je ferai plus tard, avec l’idée sous-jacente de peut-être travailler dans un domaine qui ait « du sens » (si tant est que cela veuille dire quelque chose). Je n’ai pas encore vraiment cherché activement dans cette voie, mais je me suis engagée dans diverses (enfin deux) associations en tant que bénévole. Pour l’instant, si cette expérience est très enrichissante à titre personnel (ce qui n’a pas été le cas de toutes mes expériences de bénévolat précédentes), je suis toujours assez mitigée vis à vis de ce domaine, où se côtoient des gens formidables évidemment mais aussi une grande désorganisation (entre les multiples associations et organismes d’état) et pas moins de luttes d’ego qu’ailleurs… Il reste Special Books for Special Kids qui tous les matins redonne du sens à ma vie, mais je n’ai pas encore croisé l’équivalent en France (quand ça arrive, je signe tout de suite !).

Sinon mon idéal de vie qui reste de lire des manuscrits coptes dans un joli endroit au calme, en discutant de la conscience et de l’existence de Dieu avec des esprits éclairés, est toujours furieusement adapté à l’époque actuelle (en 1224, par contre j’aurais été au top), mais on ne se refait pas. Je me console en jouant de la musique ancienne à la guitare et en ressortant la Somme Théologique (je ne la lis pas mais j’aime bien l’avoir sur ma table de nuit) (voilà j’ai fait mon coming-out : je suis une grosse intello, et je suis fan de Saint Thomas d’Aquin).

Mais le plus important ça reste de se préparer au moins de mai, le mois le plus beau de l’année (un mois avec beaucoup de propriétés magiques, d’ailleurs il y avait bien une ou deux cérémonies celtes pour le premier mai)(les blagues sur les celtes sont destinées à mon mari, qui ne lit pas ce blog, mais au cas où…). Et d’aller voir Les malheurs de Sophie (100% de la famille motivée, pour une fois).

 

 

 

7 réponses

  1. C’est (égoïstement) très rassurant de savoir que même les gens bien organisés et plein de bonne volonté se trouvent rattrapés par le marasme de la procrastination lorsque les cadres imposés par le bureau sont levés!
    Pour l’associatif, j’ai trouvé la parade (même si, quand j’aurai terminé mon GPE… bientôt!, j’espère m’engager davantage) : celle qui mise sur l’efficacité sur le terrain, c’est-à-dire être dans la rue, retrousser les manches et tisser du lien dans la durée (donc exit les querelles d’ego qui émergent dès lors que l’organisation doit être débattue et que les positions de pouvoir se négocient au sein du CA ou au quotidien).
    « Création d’entreprise »???? en plus des éditions? Dis nous tout.

    • oui normalement c’est ce que propose la dernière association que j’ai rejointe (Aux captifs la libération) : rencontres régulières dans la rue. Je viens de faire ma première « tournée » je te dirai !(sinon le congé création d’entreprise est dédié à ma maison d’édition c’était juste une excuse pour quitter mon dernier boulot). Et on veut en savoir plus sur ton GPE !

      • Bel intitulé que « aux captifs la libération »! Même si la captivité est parfois un jugement porté de l’extérieur (au sens où je détesterai qu’on me désigne comme « captive » en attente de « libération », même si telle est la réalité). Le travail dans la rue peut être très dur (bientôt 3 ans pour moi) mais c’est aussi d’une incroyable richesse (j’aimerais le faire de manière totalement désintéressée mais je pense que si tous ces échanges ne m’apportaient pas autant je n’aurais peut-être pas le coeur de poursuivre).
        Mon GPE sera révélé en temps et en heure!! (ie – attention énorme indice – quand j’aurai fini d’écrire mes 600 pages … ou presque). bises

        • j’ai tapé GPE dans google et il m’a dit que c’était une gastrostomie endoscopique percutanée: tu as l’intestin flatulant?
          (ouai je suis l’inculte du groupe OK)

  2. Tu oublies dans ce bilan que nous avons ici pu bénéficier d’un rythme de publication plus soutenu (Plaisir d’offrir joie de recevoir)… c’est quand même pas rien !
    La prochaine fois que l’on se voit, tu me parleras de ton implication dans ces deux assoc j’espère !!

  3. Ce qui me plaît avec le monde de l’internet, c’est que je découvre des gens intello/ décalés dans le temps, comme moi… St Thomas d’Aquin, ça vaut le coup, alors?

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