Et aujourd’hui?

Mardi dernier, j’ai participé au très chouette petit déjeuner animé par Christie Vanbremeersch, la fantastique auteur de Aujourd’hui, je choisis la joie, dans le cadre de Batterie Nouvelle. Le thème que j’avais choisi était l’échec.  Comment on ose se planter même si ça fait mal et qu’on se sent un peu nul après, comment on n’écoute pas tous les conseils débiles des américains hyper enthousiastes qui vous disent « vas-y JUST DO it ». Parce que parfois « Just do it », ce n’est pas le meilleur conseil possible. Parce qu’il faut savoir calculer ses risques (relisez Into the void – un de mes livres cultes). Bref.

Mais ce que j’ai préféré dans ce petit déjeuner, c’est quand notre animatrice de choc s’est tourné vers nous, et nous a demandé quel risque on allait prendre aujourd’hui?

Et dans n’importe quel domaine, c’est toujours ça la bonne question : qu’est ce que je fais aujourd’hui?

Même un tout petit pas, comme acheter un nom de domaine, ouvrir un doc word et écrire 10 lignes pour un début d’article pour une revue (c’était mon défi du jour). Contacter quelqu’un qu’on ne connaît pas très bien pour lui proposer un déjeuner, ou un café. Ressortir ses crayons, faire un dessin, et le mettre illico sur Instagram. Aller déjeuner dans un restaurant qu’on ne connaît pas.

Parce quand on lit de la littérature de développement personnel ou qu’on écoute des gens super inspirants, on est emballé, on a l’impression de voir la lumière au bout du couloir, et puis finalement psshhh la vie continue, on s’agite, on regarde des photos de bougie sur Pinterest, on range la maison, et le soir après avoir couché les enfants et/ou bouclé une rude journée on est fatigué, et …il ne se passe rien.

Ça marche pour la prise de risque mais aussi pour toutes les intentions que vous souhaitez mettre dans votre vie. La bienveillance. La patience. Le silence (oui le silence, c’est une intention puissante, qui peut carrément changer votre vie, surtout si vous êtes un(e) agité(e) du ciboulot comme moi). La persévérance.

Moi en général mes bonnes intentions s’effondrent entre la minute 2 et la minute 63 de la journée.

Je suis un peu Saint Pierre, quoi (sauf que je n’ai pas été pape, en tous cas pas encore, mais croyez-moi j’y travaille). Il suffit que je décide d’être bienveillante pour que je détaille avec mansuétude les vêtements moches portés par mes voisins de métro (j’ai une liste de vêtements à interdire à la convention de Genève longue comme un dictionnaire), patiente pour que je hurle au troisième essai sur mon fils (alors qu’on sait bien que les enfants n’entendent les mots « habille toi », qu’à la huitième répétition, une particularité de leur système auditif), persévérante pour que je ferme au bout de trois minutes trente le manuscrit que je suis en train de lire (oui je suis éditrice, et mon boulot c’est de lire toute la journée, et parfois c’est une vraie souffrance, croyez moi) pour lancer un petit état des lieux sur Facebook (est-ce que cette super blague a trouvé son public, où est-ce que mon humour est un peu trop en avance pour mes contemporains ?), et le silence pour que je fasse un peu des trois précédents (monologue intérieur, paroles oiseuses, et divertissement pascalien).

Du coup, en vraie handicapée des bonnes résolutions, je n’abandonne pas. Là plusieurs solutions sont possibles. Vous pouvez vous passer un petit bracelet autour du bras comme Christine Lewicki, l’auteur de « J’arrête de râler », demander à vos proches de vous aider (moi le lanceur d’alerte c’est mon fils qui me demande régulièrement « mais pourquoi tu as l’air en colère, Maman? »), programmer des rappels sur votre smartphone. Moi j’ai choisi d’écrire sur un des carnets-qui-ne-me-quittent-jamais (un jour je me suis aperçue que tous les gens qui faisaient des choses intéressantes, écrivaient sur un carnet pendant qu’ils me parlaient) (peut-être qu’ils notaient mes traits d’esprit, ou qu’ils s’ennuyaient et qu’ils faisaient la liste des courses, mais dans le doute j’ai pris le pli) une demi page sur mes intentions du moment (en ce moment : le silence et la persévérance), déclinées en plein de situations de la vie quotidiennes. Par exemple : ne pas parler aux légumes quand je les choisis au biocop (j’ai honte de l’avouer, et j’ai moins de 78 ans, mais oui, ça m’arrive). Avec quelqu’un l’écouter et lui poser des questions en priorité au lieu de raconter les choses fondamentales qui me sont arrivées dans la journée (j’ai battu mon record à vélo sur le trajet école-maison). Faire une petite pause d’une ou deux minutes avant de changer d’activité. Pas de monologue intérieur dans le métro sur la tenue des gens (même si les touristes américains me cherchent, côté vêtements), ou quand je fais une insomnie. Etc. Etc. Bien sûr j’oublie beaucoup. Mais je relis cette page plusieurs fois dans la journée, tous les jours. Et peu à peu…ça marche. Si cette méthode fait un peu trop Ignace de Loyola pour vous, n’hésitez pas à trouver ce qui vous convient le mieux (comme mettre des cailloux dans sa poche, comme le conseil Christie pour penser à faire une petite méditation de gratitude). Et racontez moi vos aventures !

Une réponse

  1. Comme tu m’as fait rire ! Ça fait du bien…
    ppur ce qui concerne mes aventures tu les as lu sur le blog, pour l’instant rien de plus significatif ou plutôt si… Mais je ne t’en parlerai qu’autour d’un café 😉

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