Comment lire plus (et mieux)

  1. Règle numéro un : il faut toujours avoir un livre (ou in kindle chargé) avec soi. Et ensuite – subtilité – le sortir dans les nombreux moments creux de la journée (queue à la poste, transports en communs). Le seul problème étant qu’il est socialement acceptable de se plonger dans son smartphone en pleine conversation, ou au milieu d’une réunion au bureau, alors que dans un livre pas du tout. Résistez.
  2. Ne pas aller dans les librairies, ne pas lire les critiques de livres dans les journaux, ni écouter les émissions littéraires. Oui ce conseil peut paraître contre intuitif, de la part de quelqu’un dont le métier consiste à balancer des titres sur les tables la moitié de l’année en espérant que des lecteurs curieux les achèteront sur la foi de leurs 4e de couv alléchantes. Pourtant la raison est très simple : les libraires, les journalistes et les éditeurs n’ont qu’un but en commun : vous vendre ce qui vient de sortir. Or il y a (simple statistique) beaucoup de chances que les livres qui s’apprêtent à bouleverser votre vie soient sortis depuis un, deux, dix ou quatre cent ans, et ne soient pas sur les tables en ce moment, avec le petit papillon « coup de coeur » du libraire. Si malgré tout vous persistez à vous rendre en librairie, allez plutôt fureter dans la partie « verticale » (tous les livres sur les étagères), qui constituent le fond, c’est à dire les classiques, ou les livres qui ont survécu aux années, plutôt que dans la partie « horizontale » (les livres qui viennent de sortir et qui sont étalés comme du poisson sur les tables). En cas de doute, choisissez des livres les plus anciens possibles : plus d’années sont passées, plus il y a de chance que le livre vaille le coup (un conseil que j’ai piqué dans Antifragile, un de mes livres cultes).
  3. Ne pas lire le soir. Ça c’est l’erreur classique de ceux qui ont acheté un gros pavé au mois de septembre et qui s’endorment dessus après une demi page avant de ranger l’objet de leur mauvaise conscience avec un marque page à mi chemin, sur une étagère en compagnie de ses tristes compagnons de l’an passé. Si on a du mal à lire, il faut réserver à la lecture les moments où on est le plus en forme. Ce qui nous conduit à …
  4. Dédier des moments à la lecture. Vous prenez bien du temps pour aller faire du vélo elliptique dans une salle de sport, ou pour manger le rôti de votre belle mère, où pour aller faire les soldes pour acheter des vêtements que vous possédez déjà, alors pourquoi ne pas bloquer des petites cases de couleur dans google agenda et marquer « lire » dessus? (quand j’étais salariée, en plus des nombreux titres abattus dans les transports en commun, je prenais régulièrement 20 à 30 minutes pour lire au café avant ma journée de travail).
  5. Oui, mais que lire ? Quand on lit peu, on est confronté à deux problèmes : on ne sait pas trop ce qu’on aime, et on ne sait pas trop dans quelle direction chercher. Le mieux c’est de vous faire conseiller. Reprenez des livres qui vous ont plu par le passé, et lisez les auteurs préférés de vos auteurs préférés (ils adorent en parler dans leurs interviews, leurs correspondances, ou leur journal intime). Demandez conseil à de gros lecteurs autour de vous. Servez-vous des algorithmes d’amazon ou de goodreads qui parfois donnent lieu à de bonnes surprises. Ou une méthode simplissime, prendre des listes des 100 meilleurs livres de tous les temps, et les lire méthodiquement (toujours ces histoires de probabilités, s’ils ont plu à autant de gens pendant si longtemps, il est possible qu’ils vous parlent aussi).
  6. Lisez des livres qui vous ennuient (parfois) ou qui sont au dessus de votre niveau. Ou comme dirait Sénèque, ayez le plaisir « non pour guide, mais pour compagnon ». S’habituer à s’ennuyer en lisant, c’est la garantie de pouvoir aborder plus de livres et de dédramatiser quand on n’aime pas un livre. Attention ça ne veut pas dire lire des romans ratés, ou mille pages sur la guerre de Trente ans, mais plutôt insister un peu pour se lancer dans « La montagne magique » ou « l’Ethique » en sachant qu’après on ne le regrettera pas. La vie n’est pas toujours un polar de S.J. Watson.

Sans oubliez ces deux conseils que j’ai un mal fou à m’appliquer, mais que la plupart des gros lecteurs pratiquent:

7. Ecrivez sur vos livres, prenez des notes, soulignez les passages qui vous plaisent et cornez les pages.

et

8. Sachez abandonner quand vraiment ça ne prend pas (après avoir lu au moins un tiers du livre quand même).

Ah oui et puis prenez l’habitude de noter quelque part tous les livres que vous lisez. Au moment de faire vos cadeaux de Noël, vous me remercierez.

Une réponse

  1. MERCI « du billet » (comme on ne dit pas d’ailleurs …) tous ces conseils me parlent (la liste, pour finir, est une très bonne idée, j’aurais dû y penser).
    Je ne lis plus beaucoup, ou différemment, à cause de mes autres lubies (3 enfants ET le Crochet en ce moment…) mais dès que je m’y remets j’aurais ces conseils en tête.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *