La panoplie anti-procrastination

Comme tout le monde, je procrastine A MORT pour tout et n’importe quoi (déclaration d’impôts, coup de fil délicat à passer, nettoyage du bac à légume, footing matinal, sujet compliqué au boulot).

La mauvaise nouvelle c’est que j’ai tout essayé et que rien ne marche vraiment. Le principe de plaisir est surpuissant et notre cerveau est trop fort pour nous expliquer qu’on ferait mieux d’attendre un peu et de faire autre chose en attendant. Donc ne croyez pas ce qu’on lit sur les blogs de développement personnels : vous continuerez à procrastiner toute votre vie, notre cerveau est câblé comme cela.

La bonne nouvelle c’est qu’on peut quand même s’améliorer sur quelques points, et surtout que procrastiner n’est pas si grave en fait.

1. D’abord parfois procrastiner est parfois bon pour la santé (mentale). Si comme moi vous faites partie des « overachiever » (gens irréalistes et orgueilleux qui courent après un idéal inaccessible de réussite professionnelle, drôlerie dans la vie privée, corps de rêve, et appart bien rangé), vous vivez sans doute avec une centaine de todo lists toutes pleines à craquer qui vont du nettoyage du filtre du lave linge à la lecture de la Phénoménologie de l’Esprit. Dans ces cas là la procrastination consiste simplement à accepter avec réalisme qu’on court surtout après une image de soi et que oui on reste un être imparfait. Donc accepter ses limites et de ne pas tout faire.

2. Ne pas trop se juger. Quand on procrastine c’est souvent qu’on essaie de rendre un truc parfait, et qu’on déteste ce qu’on produit. Donc logiquement on préfère rester à l’écart de ces efforts infructueux, et ne pas se lancer. Dans ces cas là le mieux c’est de dire à votre petite voix critique de la boucler et de se faire plein de compliments à l’américaine (« you’re so awesome!! »), de relire ses citations préférées de développement personnel, ou tout simplement de vider son cerveau comme un maître zen…puis de se lancer. Et sans gémir « oh mais c’est nuuul » au bout de 5 minutes.

3. Ne pas faire les choses (méthode prisée par le sexe masculin). A la fin quelqu’un les fera à votre place, ou vous ne ferez rien et le monde ne s’écroulera pas. Solution ultime mais ultra efficace. N’oubliez pas cette phrase de Matthieu Amalric dans le Grand appartement « Il n’y a pas de problème, que l’inaction ne puisse résoudre. »

4. Attendre. Savoir attendre est CLE. D’abord parce que plein de fausses urgences finissent par disparaître d’elles mêmes. Ensuite parce que souvent si on procrastine sur une décision à prendre par exemple, même minime, c’est qu’on manque d’information, que notre réflexion n’est pas mûre. Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, on arrive soudainement à trancher. Enfin plein de tâches pas très ragoûtantes s’expédient d’un coup, si on arrive à attendre suffisamment pour qu’elles deviennent urgentes. J’ai pris l’habitude de traiter toutes mes tâches administratives (papiers, compta) au bureau, à la fin de la semaine, juste avant de partir en week-end, en un temps limité. J’en abats beaucoup plus que si j’en faisais un peu tous les jours. Ce qui nous amène au conseil suivant:

5. Pour les grosses tâches interminables (thèse sur la phénoménologie de l’esprit, révision d’examen, nettoyage de l’appart de fond en comble…), malheureusement rien ne vaut la technique d’en faire un peu tous les jours. On se fixe 20 minutes ou 30 minutes sans interruption et on voit où on arrive. En faire un peu tous les jours dédramatise le sujet, puis souvent on en fait plus que les 30 minutes prévues.

6. Se lancer sans trop réfléchir. Bon alors ça c’est plus facile à dire qu’à faire mais parfois il faut juste inspirer un grand coup, et y aller. Marche pour tous les trucs un peu impressionnants (prendre une douche froide, aller courir le matin, demander une augmentation, déclarer sa flamme, monter en tête en escalade, aller se confesser).

7. Bien se concentrer sur l’instant présent. Procrastiner c’est se faire du mal en imaginant un futur affreux passé sur la tâche désagréable. Comme l’explique si bien Eckart Tolle, soit vous acceptez de glander sur votre canapé en toute bonne conscience, soit vous vous y mettez. Mais pensez à tout de suite, pas à ce qui va se passer dans 5 minutes.

2 réponses

  1. J’approuve la stratégie de l’inaction (méthode prisée par le sexe féminin dans mon terrier, les renardeaux sont féministes tendance mauvaise foi: « naon je ne ferai jamais le ménage car mes ancêtres l’ont déjà fait »)

  2. Deux façons de soigner la tendance à la procrastination :
    1-dans une to-do list, accomplir d’abord et, si possible, immédiatement les tâches les moins importantes et les moins urgentes. Les vraies tâches, pressantes et primordiales, vous rattraperont de toute façon et vous serez bien obligés de les accomplir en charrette à un moment ou à un autre. Mais Au moins les futilités auront été faites, alors qu’elle ne l’auraient jamais été si vous aviez procédé dans l’ordre logique.
    2-prendre sa retraite. Alors vous serez à la recherche de tâches à accomplir. Mais la mise en œuvre de cette deuxième méthode demande un peu de temps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *