Printemps épisode 1 : on range

Vous me connaissez je suis contre les possessions matérielles. Avoir plein de choses c’est fatigant, ça demande un grand appartement (à Paris, ça coûte vite un bras), des placards, des choix cornéliens au moment de s’habiller, des déménagements éprouvants, une lutte constante contre le second principe de la thermodynamique (celui d’une portée profonde qui dit que si tu ne transpires pas un coup, le bordel croît), et de l’argent qu’on pourrait bien mieux utiliser.

Sans aller jusqu’à devenir une déesse du Feng Sui, ou un de ces maniaques qui se vantent de ne posséder que cent objets (en ergotant pendant des heures pour savoir si la paire de chaussettes compte double ou non)  je vous conseille d’essayer cette méthode spécial flemmard, que j’ai péché chez Léo Babauta.

1. On sélectionne une zone dans un état critique, d’une taille raisonnable pour que vous ayez envie de recommencer le lendemain : étagère, tiroir, bout de table, pied de lit, pochette de papiers….

2. On vide la zone en déplaçant tous les objets qui s’y trouvent.

3. On prépare un sac poubelle (à jeter), un carton dans l’entrée (à donner).

4. On place chaque objet soit dans le sac, soit dans le carton, soit à sa vraie place, celle qui n’aurait jamais dû quitter. On élimine les trucs en triple, cassés, qu’on n’utilise pas, les vêtements qu’on garde en attendant de mincir, ou qu’ils reviennent à la mode. Mais pas de triche, comme « je mets tout ça à la cave, et je verrai ».

5. On met le carton dans la rue, et le sac dans la poubelle.

6. On passe un coup de chiffon  : satisfaction maximale.

6. Le lendemain on passe à une autre zone.

On tourne pendant trente jour en essayant de faire TOUT son appart, y compris les tiroirs de salle de bains, ou les grosses boîtes pleines d’affaires de skis au fond des placards. On s’attaque aussi à son bureau, sa boîte mail (une méthode qui marche très bien : pomme A + tout détruire), son ordinateur.

Bien sûr si vous êtes TRES organisé(e), vous pouvez : vendre vos possessions sur le bon coin (demande pas mal d’énergie quand même : s’inscrire, prendre la photo, répondre aux questions par mail « je vois pas la couleur sur la photo, vous pourriez reprendre une photo sous un autre éclairage? », se retrouver à une station de métro avec un gros sac Ikéa bleu…), ou sélectionner des associations qui font de la récup, ou faire vendre l’ensemble à vos enfants à un vide grenier. Mais croyez-moi, le carton dans la rue, ça marche très bien.

Si vous avez du mal à jeter ou vous séparer de certains objets, c’est normal, l’être humain est comme ça il met du symbolique partout (c’est aussi ce qui fait son charme, me direz-vous). Voici les cas de figure les plus courants.

1. L’objet représente une promesse que vous vous étiez faite et que vous n’avez pas tenu. (Cas typiques : les livres pas lus, les vêtements deux tailles en dessous, les manuels de langue, les tenues de sports vites abandonnés, le matériel de bricolage…). Solution : à moins que l’objet ne soit vital (n’hésitez pas à consulter un manuel de survivalisme, ou relire Robinson Crusoé pour savoir), cherchez quelqu’un à qui le donner (bizarrement on se sent moins coupable), et qui manifeste l’envie de s’en servir.

2. L’objet représente votre passé (souvenirs sentimentaux, vêtements dans lesquels on ne rentre plus, anciens hobbies, tenue de pom pom girl de 1983). Ne garder que ce qui aura de la valeur plus tard pour vos biographes, ou vos petits-enfants, donc principalement photos, lettres (surtout si elles peuvent vous servir à faire chanter un ex devenu riche et célèbre), journaux, ou objets de valeurs évidemment qui avec les fluctuations des prix des antiquités rendront peut-être vos descendants riches. Tout le reste : bye bye.

3. L’objet représente une personne (c’est souvent un cadeau, on n’a jamais trop su quoi en faire, mais en le jetant on a l’impression de trahir mortellement la personne qui vous l’a offert). Pas de pitié : il y a d’autres façons de manifester votre attachement qu’en gardant des trucs qui prennent la poussière.

4. L’objet est hanté. Vous essayez de vous en débarrasser mais il revient toujours comme un vieux sparadrap. Par ailleurs les meubles se déplacent sans raison dans votre domicile, et vous entendez des bruits bizarres la nuit. Mieux vaut le confier à un spécialiste (exorciste, investigateur paranormal comme dans Les dossiers Warren).

5. L’objet n’est rien de tout ça, mais vous vous dite qu’il pourrait vous servir un jour au cas où (par exemple en cas de guerre civile, ou de déménagement dans l’hémisphère sud). Voir le conseil numéro 1, je vous conseille de relire le manuel des Castor Junior, ou un bon bouquin bien stressant de survivalisme (comme Rue barbares, survivre en ville), pour voir s’il passe le test de la possession indispensable (en général non).

4 réponses

    • Sinon il y a la méthode Eddie Barclay (que j’ai pratiqué en son temps) : divorcer, se remarier. Quatre déménagements en trois ans. Mais c’est un peu usant à la longue.

      • morte de rire ! (je ne sais pas si c’est autorisé, mais bon, ça me fait rire quand même !).
        La séparation est aussi un bon deal pour un contrat minceur, économies assurées en Contrex …

        • c’est vrai la séparation marche pour la taille 36, j’avais bien perdu 4 kg, mais j’avais une fâcheuse tendance à me jeter sur les alcools forts à la fin de chaque journée quand même.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *