Vaincre le dimanche soir

Si il y a bien une chose qui ne change pas dans la vie, c’est bien le dimanche soir. Naïvement à l’âge de dix ans, je pensais que le problème du dimanche soir avait un lien avec les devoirs que je faisais toujours au dernier moment possible (genre le lundi matin avant mon petit-dej) (à l’époque je n’avais pas lu de livres anti-procrastination), ou à l’humeur massacrante de mes parents, mais en fait non. Comme une grosse tâche d’huile gluante, il revient toute les semaines avec la régularité d’un métronome.

Alors je sais. Pascal l’a dit, tout notre malheur vient du divertissement. Les plus musclé(e)s d’entre nous pourront utilement se consacrer à la lecture du penseur de Port Royal, suivi éventuellement d’une messe de vêpres, et d’un des exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola (par exemple la méditation sur les deux étendards). Pour les autres, je vous recommande tout de même de vous changer les idées, avec par exemple :

– le combo : séance de sport épuisante+ empiffrage de nourriture hautement calorique juste après. Sommeil de bébé garanti.

– regarder Faites rentrer l’accusé SAUF quand le fait divers est trop sordide (par exemple quand les victimes sont des enfants ou quand le tueur a sévi dans le quartier que vous habitez aujourd’hui).

– sortir, voir des amis.

– ranger ses papiers, nettoyer le tiroir à couverts, l’intérieur du frigo, s’épiler, ou trier ses habits (par exemple par température de lavage) bref une activité ingrate et inintéressante mais dont on peut voir le résultat facilement.

– se replonger dans ses journaux intimes d’il y a dix ans (pour contempler la personne mûre et responsable qu’on est devenu(e)).

– écrire des poèmes, jouer de la musique, ou dessiner.

– lire des blogs qui vous font réfléchir ou vous donnent envie de faire des choses. Ou tout simplement qui vous font rire.

– réécouter ses disques préférés du moment (et si on est seul(e) danser un coup).

– prendre un bain avec un galet qui fait psshit.

– se mettre sous la couette avec un super podcast (comme Radiolab ou Invisibilia).

– lire.

MAIS PAS

– boire (j’ai testé, mais la gueule de bois du lundi matin est vraiment pas cool).

– travailler sur ses dossiers de boulot (ça va pas la tête?) dans l’espoir de rattraper son retard (en général à ce stade c’est foutu).

– passer trois heures au téléphone à se plaindre à sa meilleure amie, sa mère ou sa soeur (se plaindre =-8 points de karma)

– envoyer des sms à ses ex, ou consulter leurs pages FB.

– prendre des résolutions irréalistes (demain je me mets au sport, ou j’arrête le chocolat) : le lundi est déjà le pire jour de la semaine, ce n’est pas là qu’on trouvera un semblant de volonté pour changer les choses.

– glander trois heures sans but sur les réseaux sociaux.

– acheter des choses sur internet (la consommation ne règle rien, on vous l’a déjà dit?).

– lire des magazines féminins (sauf cas rare comme le bon article sur la génération Z dans le dernier Elle, ils vont feront plutôt perdre des points de QI et d’estime de soi en dirigeant votre attention sur la fausse perfection des images photoshopées, l’inanité des interviews d’actrices, et les publi-informations sur des produits de beauté inutile).

 

2 réponses

  1. Moi aussi je souffre du stress du dimanche soir et J’AIME PAS CA.
    Petite technique: écouter le masque et la plume tout en cirant les chaussures avec de la graisse de castor, puis manger un hamburger avec des frites 😀

    • Le hamburger frite vient à bout de tout. Comme dirait Colette « Quand ça va mal, rien ne vaut un très bon repas » (je ne me souviens plus de la citation exacte mais bon, c’est l’esprit).

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