Ma vie sans sucre, la suite

Il y a trois semaines j’ai annoncé à grand renfort de publicités et de liens google sponsorisés que j’arrêtais le sucre.

Voilà ce que j’ai retenu de cette expérience:

1. C’est plutôt facile et je vais continuer au delà des 30 jours prévus, parce que finalement je me sens mieux comme ça et ça ne me prive pas trop (je m’autorise quand même quelques jokers, comme un chocolat chaud en ces temps frisquets).

2. Côté forme ça n’a pas été la révolution escomptée mais je n’ai plus de pics de fatigue pendant la journée, plus du tout de coups de déprimes impromptus qui me faisaient direct courir au ditributeur ou à la boulangerie. Et je n’ai pas attrapé la grippe (pas de lien forcément mais c’est toujours bon de le dire).

3. Je n’ai plus tellement envie d’aliments sucrés (je dis bien plus tellement car au ski c’était difficile de résister à la crêpe au nutella BUT I DID IT). Et phénomène étrange, quand je rajoute du miel dans mon petit dej je trouve que c’est trop sucré. Encore plus étrange, je trouve un goût sucré à des aliments qui n’en ont pas (comme les carottes).

4. Ma vie est plus simple. Avant au restaurant ou à la boulangerie, il y avait toujours un mini dialogue qui s’engageait dans ma tête (« Allez une tarte au citron » « non c’est pas raisonnable » « mais je ferai du sport demain » « bon et si je prenais un tiramisu » « oui mais j’avais dit une entrée, un plat, et c’est tout »…etc. etc.). Je croyais que non, que je n’étais pas pourrie par l’obsession de l’Occident sur la minceur et la culpabilisation alimentaire, mais en fait si. Parce que là les petits dialogues ont disparu et je vois la différence. Plus de question, plus de débat. Tout est plus simple.

5. Les gens me regardent bizarrement quand je déclare « Je ne mange pas de sucre, d’ailleurs tu savais que le sucre tue presque autant que le tabac etc. etc. » et j’ADORE faire mon intéressante en société (encore un vice à éradiquer, soupir…).

Mais en fait ce n’est pas pour cela que je vous raconte ça. Ce n’est même pas pour vous inciter à arrêter le sucre parce que dans votre cas, ce n’est peut être pas possible, ni bénéfique, et d’ailleurs on peut très bien être en parfaite santé et manger plein de sucre. C’est plutôt parce que cela m’a fait réfléchir à deux choses.

La première, c’est que je n’aurai sans doute pas réussi à faire cela plus tôt. Mon rapport à l’alimentation a suffisamment changé ces dernières années pour que cela soit réaliste. Avant j’avais trop besoin de manger pour me remonter le moral, ou me consoler de la dureté de la vie, ou faire un break parce que je m’ennuyais à mon boulot. Et je me fichais complètement de la façon dont les aliments que j’ingérais étaient fabriqués, des conséquences pour ceux qui les produisaient, et de leur effet sur mon corps. C’est parce que j’envisage l’alimentation sous un angle radicalement différent, et que j’ai changé beaucoup de mes habitudes alimentaires qu’il est devenu presque naturel et relativement facile d’arrêter de manger du sucre. Je me suis rendue compte que ce n’était pas un aliment naturel, qu’il était majoritairement présent dans des aliments industriels, qu’il était addictif et que je m’en servais donc pour autre chose que simplement fournir de l’énergie à mon corps, que quand j’avais besoin d’énergie, des fruits secs et du miel faisaient aussi bien l’affaire, et j’ai pu faire la transition sans problème.

C’est la même chose j’imagine pour ceux qui deviennent vegan. Une fois qu’il vous apparaît inimaginable de maltraiter un animal, il n’y a plus vraiment de débat sur le saucisson ou l’omelette aux truffes. On évite ces produit naturellement et sans trop d’effort (personnellement je ne suis pas arrivée à ce niveau sur l’échelle du karma).

Ca nous donne donc un premier SECRET pour changer ses habitudes : changer suffisamment vos valeurs, votre mode de vie, et votre personnalité pour que la nouvelle habitude devienne naturelle et totalement indolore. (Je vous donnerai les autres SECRETS plus tard, teasing).

Le seconde réflexion, c’est sur le fait de dire non. Je ne sais pas vous mais pour moi dire non est souvent assez épuisant, ou démoralisant, on a peur de vexer la personne en face de soi, de passer pour un loser, ou un rabat joie, et ensuite d’essuyer des tas de discussions à l’infini (« Mais t’es sûre? Mais pourquoi? Mais j’ai passé mon dimanche à faire ce gâteau? »)

Comme j’ai dû beaucoup dire non pendant mon mois sans sucre, j’ai fini par aiguiser ma technique au cordeau. Ca marche en fait partout, pas seulement sur le sucre, mais aussi face à un opérateur de télémarketing, un consultant qui veut vous fourguer un rendez-vous à tout prix « juste pour faire connaissance » au boulot, une vendeuse dans une boutique Maje, votre collègue de bureau qui vous invite pour la douxième fois à sa soirée macarons (« t’avais pas pu venir la dernière fois, mais là j’espère que tu seras des notres! ».)

Ce qu’il ne faut pas faire :

– Etre agressif, s’énerver. On peut dire non et rester poli au lieu de faire passer sa frustration et sa culpabilité sur la personne d’en face.

– Se justifier : ne JAMAIS se justifier. Sinon on entre dans une DISCUSSION hégélienne (thèse / anti thèse / fin de l’histoire) et au mieux on perd du temps, au pire on cède. Car les gens adorent vous rallier à leur point de vue et sont persuadés qu’ils peuvent vous faire changer d’avis (surtout quand ils sont payés à la commission).

– Mentir : « J’ai une gastro. » « J’ai piscine ». « J’ai un diabète de type deux ». Sur le coup c’est efficace, mais on perd des points de karma et on court toujours le risque de se faire démasquer un jour.

Ce qu’il faut faire :

– Dire la phrase magique numéro un « Cela ne m’intéresse pas, merci » ou « Cela ne me dit rien, merci » ou « Vraiment je n’aime pas cette couleur ». Bref remettre le débat sur le rang du subjectif. Peu de chance qu’on vous réponde « Mais si tu aimes, je te promets ».

– Et / ou la phrase magique numéro deux : « Je ne mange pas de sucre ». Mais cette phrase peut être déclinée à l’infini « Je ne réponds jamais à une enquête téléphonique. » « Je n’achète jamais le haut assorti à un pantalon, merci. » « Je n’emploie jamais de consultants ». C’est à dire inventer un principe général de vie qui justifie votre refus. Là encore vous ne risquez pas grand chose en face à part un silence poli, et vaguement respectueux.

 

 

5 réponses

  1. C’est intéressant mais que répondre quand ce sont les membres de votre famille qui désapprouvent votre nouvelle alimentation? (allons droit au but: quand le mâle grogne)

    • Dans ma famille les mâles vont manger des mac dos en cachette et cachent leurs sucreries dans un placard. Nous cohabitons sans trop de heurts.

  2. Je suis également passée de l’autre côté, celui des obscures sugar free. Si c’est une situation que je supporte plutôt bien, j’avoue qu’en société c’est parfois difficile à gérer. Il faut savoir tenir tête à la maman qui a préparé un Gateau et qui voit dans notre refus un rejet de ses qualités de pâtissière. Il faut savoir dire non sans être toujours obligée de se justifier face au groupe de potes qui ne comprennent pas qu’on fasse à présent l’impasse sur les mojitos ou autres cocktails. Souvent cela les renvoie également à leur propre incapacité à suivre une ligne de conduite restritictive.
    Finalement arrêter de manger du sucre est souvent un combat plus difficile contre les autres que vis à vis de soi même !

    • De manière générale changer d’alimentation drastiquement c’est un combat contre les autres. J’ai essayé un peu le végétalisme et je me suis découragée à chaque fois qu’il fallait s’expliquer au resto, ou chez mes parents. Tiens et d’ailleurs les parents c’est souvent le maillon faible dans ce genre de discussion 😉 (pourquoi tu ne manges pas ce que je t’ai préparé?)

  3. Heyy! Je suis tombée sur ton blog vers 1 heure du matin, ça fait désormais quelques minutes que je le visite. (Ps: Tu as une nouvelle abonnée)
    Hum ..enchantée! Je suis une jeune asiatique de 18 ans eeet bon! .. à vrai dire je n’ai rien de spécial à te dire ou à te demander, mais je voulais vraiment laisser un commentaire avant d’aller me coucher du genre « Yes! Je me sens beaucoup moins seule »
    Cela fait 5 mois que j’ai arrêté le sucre raffiné et je peux te dire que ça fait vachement du bien de lire le témoignage d’une personne qui est exactement dans la même situation que toi, de plus ton texte est très bien rédigé je ressens un vrai plaisir quand je lis ton blog. Cet après-midi je suis allée rejoindre une amie au Starbucks et je suis passée devant LA vitrine où se trouve toutes les pâtisseries, je peux te dire que ça m’a vraiment mis l’eau à la bouche, donc merci de me rappeler pourquoi j’ai arrêté. ( As-tu déjà goûté les muffins chez Starbucks?)

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