Ma vie sans sucre

Pourquoi tu fais un truc aussi fou ?

Eh bien je n’ai pas encore lu « I quit sugar » de Sarah Wilson que m’a conseillé Camille, mais ça fait longtemps que je lis sur les blogs américains des tas de choses sur le sucre, comme quoi ce serait la nouvelle cigarette (Je vous conseille de taper « Why is sugar bad for you » dans google- 221 millions de réponse). De nombreuses personnes soucieuses de leur santé, ont ainsi totalement arrêté de consommer du sucre (je les appelle les moines du sucre).

Quelques raisons en vrac (et encore je ne vous parle pas des caries) :

  • Le sucre est addictif, parce qu’il provoquer une production de dopamine dans le cerveau, qui provoque une sensation de bien-être. Quand on en a pris, on en veut encore (je ne vous fait pas de dessin, là).
  • Il acidifie l’organisme et cause de l’hypoglycémie.
  • On n’en a pas besoin pour vivre, il n’apporte aucun nutriment, on peut donc le retirer de son alimentation sans dommages.
  • Il favoriserait des sautes d’humeur et d’énergie, et affaiblirait le système immunitaire.
  • Il déséquilibre l’effet de l’insuline dans le sang.

Ca veut dire quoi exactement arrêter le sucre ?

Bonne question. En fait il y a autant de définition du sucre que de collections capsules chez H&M. Je vous passe le cours complet, mais ce que j’ai retenu de mes lectures, c’est que ce n’est pas le sucre (fructose ou glucose) en soi qui pose un problème pour l’organisme, c’est le fait qu’il arrive pur dans le sang. Quand on mange un fruit, il y a du fructose, mais aussi des fibres, des vitamines et des nutriments. Cela ne cause pas les même réactions dans l’organisme que quand on s’avale un coca (chargé de sucre pur). Le problème ce ne sont pas les fruits, ni même le miel, mais les sucres raffinés, qui stressent l’organisme. Le second problème c’est qu’on consomme beaucoup plus de sucres raffinés qu’on ne pense, car les industriels en mettent dans à peu près tous leurs produits (sauces, plats préparés…même la moutarde paraît-il). Plus vicieux, pour écouler les énormes stocks de maïs qui sont produits, l’industrie agro-alimentaire américaine (tout en haut de l’échelle des méchants, avec peut être les marchands d’armes) a inventé le sirop de maïs. Et ça ils en ont mis partout, vraiment partout.

Oui, bon d’accord, mais on n’est pas aux Etats Unis que je sache, et en plus j’ai rien compris, du coup tu vas manger quoi ?

On n’est pas (encore) aux Etats Unis.

Le traité transatlantique tel qu’il est en discussion au niveau de l’Union Européenne devrait si tout se passe bien inonder le marché européen de produits et de techniques américaines. Pire les normes de sécurité alimentaires européennes pourraient être contestées par les entreprises américaines qui exporteraient chez nous (comme étant trop stricte). Fin de la parenthèse militante.

Désolée je m’égare.

Très concrètement, il y a des sucres ajoutés dans tout ce qui sort de l’industrie alimentaire (plats préparés, sauces, charcuteries industrielles etc. etc.). Si vous avez le courage de lire les étiquettes, vous verrez. Il faut commencer par supprimer ces produits. Après il y a les produits sucrés proprement dits – ET LA VOUS VOYEZ TRES BIEN DE QUOI JE VEUX PARLER – le Kinder Bueno à la pause de 4h, le croissant du matin, les deux sucres dans le thé, le moelleux au chocolat en dessert….

Du coup tu vas manger quoi (bis)?

J’ai déjà supprimé les produits industriels de mon alimentation depuis un bout de temps. Je vais donc passer à l’étape deux : plus de desserts ni de goûters en gros. Ou alors du salé. Pas de farine raffinée non plus, et pas de substitut type sirop d’agave.

En revanche pour des raisons d’équilibre alimentaire, parce qu’ils sont plein de vitamines, je m’autorise un ou deux fruits par jour, et une cuillère de miel de temps en temps. Les moines du sucre se l’interdisent, mais bon il faut rester réaliste. Là ça fait deux jours, et j’ai déjà failli étrangler mes collègues qui se gavent de chocolat Lindt devant moi (mon bureau est un enfer pour les moines du sucre).

Oui, bon c’est comme un régime de printemps, quoi.

PAS DU TOUT. Les régimes sont un diktat pour que les femmes se conforment à des canons de beauté impossibles à atteindre (mannequins ukrainiennes sous alimentées de 13 ans et demi en couverture de Elle). Là il s’agit d’une expérience (tu piges la différence) afin de voir si j’arrive à vivre sans, et surtout d’observer les effets sur ma forme et mon moral. Peut-être que de frustration je vais me jeter sur le saucisson, et le comté et que je vais prendre 4 kilos. Peut-être que je vais me remettre à fumer. Peut-être que je vais faire des prodiges à l’escalade. Je vous raconterai à la fin des 30 jours (oui je me suis fixé 30 jours).

Bon ok, tu m’as convaincu(e), je fais comment ?

Je dirais que c’est sans doute difficile d’y aller de manière radicale si au départ on a une alimentation très déséquilibrée. Je conseillerai d’abord de virer les produits industriels de son alimentation, ce qui peut prendre un certain temps d’adaptation. On vire les boîtes de céréales, les desserts laitiers, les gâteaux évidemment, les sauces industrielles. Et puis tant qu’on y est les farines raffinées.  On fait attention au repas du midi, exit les brasseries parisiennes qui servent des plats Metro surgelés fabriqués on ne sait où. Ensuite on passe à la partie « sucre » proprement dite. Si on va y aller d’un coup il faut se préparer : vider ses placards, réfléchir à ses habitudes alimentaires, prévoir les tentations. Et préparer des idées de snacks, plus sympa qu’une boîte de sardine.

Et pour le sport ?

C’est vrai que le sport appelle le produit sucré. De la tarte aux noix avant la séance d’escalade (ben quoi ?), à la barre aux amandes, en passant par la razzia sur le pain au choc’ au retour du footing du matin. Il faut être honnête, l’exercice physique est sans doute une des seules fois où on peut manger du sucre sans trop de danger puisqu’il sera consommé immédiatement sans être stocké par le foie. Cela dit, comme je ne prépare pas le marathon, ni l’ascension du K2, je pense m’en tirer avec quelques fruits secs et des tranches de pain beurré (complet le pain of course).

Bon et donc tu vas arrêter complètement ?

Non. D’abord parce que je vis en France et que ne me vois pas passer une vie sans tarte au citron meringuée, ni macarons, ni marrons glacés (rien que d’écrire ces mots, je pleure, là). Là j’essaie de ne pas en manger pendant 30 jours entiers (plus que 29 !) pour voir d’abord si j’y arrive, puis ce que cela fait. Ensuite je pense que de temps en temps, je ferai une descente à la pâtisserie. Mais j’espère perdre l’habitude de grignoter des trucs sucrés en permanence au bureau, simplement parce que j’ai un creux, et qu’ils sont à portée de mon bras.

 

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