Elle est où l’écologie ?

Salut les lombrics,
Vous le savez, je suis dans une phase « vers ». La maison est en place, ne reste plus qu’à la peupler. C’est donc avec joie, que j’accueille mon amie Christie qui vous parlera bien mieux que moi d’écologie et de compost (les petites choses d’abord, pour en faire de grandes ensuite!). Enjoy !
Elle est où, l’écologie, dans le débat présidentiel, dans le programme de notre prochain président ?
Concitoyen, mon frère, concitoyenne, ma sœur, cessons de tout demander au politique et prenons-nous chacun par la main, et prenons nous par la main les uns les autres, avec respect et tendresse et patience : l’écologie, c’est nous qui commençons par la faire, par la réclamer, par l’accepter aussi dans ce qu’elle nous demande de plus exigeant et qui est différent pour chacun.
Moi qui vous parle, je suis la reine du compost et ne conçois pas pour le moment de renoncer à ma grosse voiture ni à mes courses au supermarché. Ça, c’est Marie qui y arrive et qui évangélise ! Et je ne perds pas espoir qu’un jour j’y parviendrai à mon tour.
Mais en tant que reine (autoproclamée) du compost, je peux vous dire en quoi ça me fait du bien et quels sont les facteurs clés de succès pour réussir son compost.
Donnez-moi votre boue, j’en ferai de l’or. Depuis que je connais cette phrase de Baudelaire, il me semble que c’est de ma vie dont il s’agit, ma vie d’écrivain qui recycle ses chagrins et ses doutes dans des textes qui aident moi et certains autres à traverser l’existence. Quand j’ai eu vent de ce moyen de recycler les déchets végétaux, le compostage, j’ai eu très envie de m’y mettre, alors même que j’habitais en ville. J’avais un balcon, avec dessus des plantes en pot, et étais très sensible, à l’arrivée du printemps, à la faim des plantes, à la terre desséchée, à l’évident besoin de nutriments de mes plantes chéries. J’ai pendant des années charrié des sacs et des sacs de terreau depuis le Bricomarché jusqu’à mon balcon, et ça allait mieux. J’ai mis dans l’eau des bouchons et des bouchons d’engrais liquide. Mais quand j’ai découvert l’existence du compost comme instrument de recyclage et d’engrais naturel et puissant, j’ai dit Ça c’est pour moi.
Et un samedi matin, je me suis lancée. Mon mec était parti pour le week-end… J’ai demandé à mon poissonnier deux grandes caisses en polystyrène, que j’ai aménagées et trouées selon les instructions trouvées sur ce site et forum, Vers la terre, super bien fait, amical, précis, encourageant, auprès de qui j’ai forgé mes premières convictions.
J’y ai placé des cartons, quelques feuilles et branches de mes plantounes, et en avant les épluchures ! Et en avant aussi les sopalins et cartons non traités, et coquilles d’oeufs, et peaux d’agrumes : tout ce petit monde s’équilibre et s’enrichit, se neutralise, au niveau de l’humidité / sécheresse, du PH, de l’odeur. Ail, oignon, je mets aussi car même s’ils sont vermifuges, les vers, qui sont très malins, ne s’y attaquent que lorsque les peaux d’ail et oignons ont perdu leurs « pouvoirs ». La seule chose que je ne mets pas c’est la rhubarbe, il parait que c’est très toxique pour les petits chéris. C’est ainsi que j’appelle « mes » vers, au grand damn de « mes » grandes chéries (« mes » filles).
Quelques semaines plus tard, les vers (commandés sur ce même site : quand on n’a pas de jardin, ils ne viennent pas tous seuls), ont rejoint le petit tas d’ordures vertes et brunes dans le bac.
Un outil précieux de l’artisan composteur, ce sont les gants de vaisselle « de luxe » (en plastique un peu solide), qui permettent de touiller le compost, de couper les bâtons et cartons et feuilles en morceaux plus petits, de mélanger les coins secs sur le bord avec les coins humides du milieu. Je le fais à peu près une fois par semaine, ce touillage découpage rééquilibrage. Je me dis que j’y passe 5 minutes, et je m’y sens tellement bien que ça me prend plus souvent une grosse demi heure qui passe toute seule, heureuse, moi les mains dans mon compost.
Voilà, ça fait 5 ans que je me suis mise au compost. Des portées de vers sont mortes. On a eu des mouches. Au bout de plusieurs mois qui m’ont paru interminables, j’ai pu utiliser une matière grumeleuse et pas lisse du tout pour nourrir mes plantes en pot. Des plants de tomates se sont mis à pousser partout, et aussi un immense potimarronnier. Depuis, je laisse quelques graines mais j’en enlève la plupart. Des potimarronniers et tomatiers continuent quand même à pousser de partout ! Certains je les arrache, d’autres je les laisse, d’autres je les replante ailleurs, d’autres je les offre à des copines surprises et ravies.
Contre les fourmis : les agrumes font merveille. Contre les mouches, le carton enlève de l’humidité. Si vous avez trop de mouche, vous pouvez aussi réduire les épluchures de fruits – mais moi je les laisse et ajoute du carton. Le compost a une odeur d’humus qui personnellement m’est agréable (mais bon, vous avez compris que c’est mon truc).
Nous avons déménagé en proche banlieue et avons à présent deux petits jardins et un affreux bac à compost en plastique gris (si c’était à refaire, j’aurais pris celui en bois, un peu plus cher mais plus beau). L’échange du compost avec la terre est plus facile pour réussir son compost (et là les vers viennent tous seuls, ainsi que les cloportes, les limaces, les fourmis, les souris, et même une fois un hérisson qui venait dormir au creux du tas d’épluchures). Nous y ajoutons à présent les herbes coupées lorsque nous tondons notre espèce de pelouse, et les cendres du poële, et les feuilles de la haie. Tous les végétaux malades et les mauvaises herbes, je les jette ailleurs, dans les sacs bruns que nous donne la mairie.
J’utilise toujours le compost pour mes plantes en pot, mais il y a la concurrence de nos rosiers en pleine terre, et les pommiers, et les poiriers, et les groseilliers, et le  potager que nous sommes en train d’installer ! Bref le compost récolté m’est toujours bien précieux. Les petits chéris sont très heureux, et croissent, et se multiplient.
L’innovation de ce printemps, c’est le tamis à compost. Pour l’instant je me sers de la passoire des pâtes, avant d’investir dans un vrai tamis. Je mets deux poignées de compost brut dans la passoire et hop je secoue au dessus du potager, au dessus des rosiers, etc, une terre fine tombe dessus – et je remets le résidu dans le bac.
Nous n’avons pas parlé des économies pour la collectivité, elles sont énormes vous le savez, car les déchets « humides » sont les plus compliqués à brûler. Mais surtout, quel joie de transformer sa boue en or, de ne plus jeter les épluchures, de voir son jardin ou celui des autres s’épanouir à partir de ce mélange riche et issu de notre vie de tous les jours.
Si vous désirez vous y mettre, vraiment ce site Vers la terre est une mine d’or. Et si vous avez d’autres questions : écrivez moi, christievanbremeersch@gmail.com

Les choses inutiles que nous impose la vie moderne

Choisir des yaourts dans une grande surface : est-ce que vous avez vécu ce moment d’angoisse total, qui consiste déjà à se rendre dans un Leclerc Drive (=zone industrielle, parking, caddie aux roues bloquées, odeur bizarre faite de plastique chinois et de détergent, musique atroce), au rayon frais (où en général on se caille) et à se perdre pendant une heure dans la contemplation proprement angoissante de toutes les sortes de yaourts et autres desserts laitiers (à zéro %, au parfum ananas/cranberry, sans lait, enrichi en vitamine) ? Est ce que vraiment c’est une utilisation intéressante de notre temps de cerveau ? NON, évidemment. En plus les dit yaourts malgré l’apparente liberté de choix, sont tous sans exceptions enrichis en additifs divers, et produits par deux ou trois grandes firmes (aux départements marketings sur développés en revanche, pour pondre les dites saveurs). Donc ma réponse sera simple  : boycottez l’achat de desserts laitiers. Les alternatives sont nombreuses : les faire vous même (pas besoin de yaourtière, ça marche très bien au four, même moi j’y arrive), les commander au Comptoir local, trouver un crémier sympathique près de chez vous (je suis consciente que si vous n’habitez pas en plein coeur d’un quartier bobo hors de prix, cette dernière étape sera quelque peu difficile), ou pour les plus radicaux devenir végan(e) (je ne sais jamais si il faut un « e » à la fin).

Écouter de la musique d’ambiance : alors je sais qu’il y a des sites qui répertorient les restaurants végétariens ou gay friendly, mais pitié est-ce qu’on pourrait répertorier les endroits sans musique d’ambiance ? Personnellement je ne connais que le Wepler qui ait gardé une quelconque dignité à ce sujet. Et puis ceci disqualifie immédiatement toutes les boutiques de fringues mais de toutes façon vous avez renoncé à acheter des vêtements depuis longtemps.

Faire les soldes (ou les ventes privées) : encore une chose qui ne sert absolument à rien. La seule bonne solution, c’est d’acheter les choses dont on a besoin (je souligne) au moment où on en a besoin.

Lire le dernier Goncourt (ou tout autre livre dont on parle) : je sais que tenant une maison d’édition, je me tire une balle dans le pied en disant cela, mais normalement on ne devrait lire aucun auteur mort depuis moins de soixante dix ans, le temps fournissant le meilleur filtre.

Regarder les pubs dans le métro ou dans la rue. Malheureusement je ne suis pas encore au pouvoir (cela ne saurait tarder), moment où toute publicité sera interdite dans l’espace public. Du coup, résistez. Baissez les yeux (et profitez en pour saluer le SDF qui est assis juste en dessous). Ou rejoignez un collectif anti-pub. Par contre autant j’ai la haine de la publicité, autant j’ai de la tendresse pour l’affichage militant sauvage sur les murs (je vais parfois me balader dans les vingtième uniquement pour ça).

Lire (et écrire) des mails de boulot : comme des gens comme Cal Newport, je pense que le fait de recevoir (et de devoir répondre à) des mails en permanence, génère plus de nuisance que d’efficacité (surtout quand se créent ces célèbres chaînes de mails, où vous êtes cc, et où tout le monde finit par s’insulter en pondant des développements de trois pages « in red below » et où on vous dira ensuite : « tu n’as pas lu ma réponse »?). Quand je bossais je recevais facilement cent mails par jour. Oui cent. Dont seulement deux ou trois avaient une réelle utilité. Si je voulais tous les lire, j’en avais pour deux heures par jour. Alors que franchement on a envoyé des hommes sur la lune sans mails. La seule solution est la résistance passive : ne jamais répondre. Les gens finiront pas comprendre et vous appelleront.

Par contre l’heure est venue comme au bon vieux temps du stalinisme de faire son auto-critique, alors je vais vous faire un aveu : je suis complètement accro à BFM TV, surtout en période électorale. J’aime tout : la tête de Jean-Baptiste Boursier, les petites phrases qui défilent, la tête des experts, les images qui tournent en boucle. Voilà c’est dit.

Sinon, rien à voir avec la choucroute, mais si vous voulez lire d’autres choses de ma plume que mes sempiternelles récriminations, j’ai écrit (avec mon cher et tendre) un article sur Planète pour le dernier gonzai (en kiosque actuellement) et surtout je suis très fière d’avoir participé à un livre collectif sur Rohmer (l’une de mes idoles), qui devrait paraître en juin.

La bibliothèque idéale

Je sais qu’entre ma newsletter, et ma maison d’édition, je vous pousse à la surconsommation de livres, alors pour m’amender je vous propose une bibliothèque idéale, qui ne devrait pas vous tenir plus d’un demi mur en étagères. Pour le reste : jetez ou donnez !

  • Quelques textes fondamentaux qu’on aime bien relire : à vous de voir, moi j’aime bien relire La Divine Comédie et l’Iliade et l’Odyssée. Par contre je ne relis jamais Don Quichotte…
  • La Bible : bon on va pas se mentir, l’Ancien Testament est vraiment indigeste avec ses pages de généalogie, et ses règles interminables. Mais le Nouveau est à connaître par coeur si vous espérez comprendre quelque chose à l’histoire et à la littérature occidentale, ainsi que la Genèse, l’Exode, le livre des Rois, le Cantique des Cantiques…
  • Les méditations de Marc Aurèle, et le Tao Te King : vraiment cool si vous cherchez une phrase à vous faire tatouer dans le dos, ou si vous en avez marre de lire Eckart Tolle (les questions que se posent l’humanité n’ont pas tellement changé depuis 2000 ans). Certains aiment bien ajouter le Yi-King, moi je n’ai jamais compris comment on devait lancer les petits bâtons mais il y a des fan donc je le mets au cas où.
  • Madame Bovary, l’Education Sentimentale, Bouvard et Pécuchet, plus la correspondance intégrale de Flaubert. Si vous en avez marre des blogueuses livres et de leurs chats, ou de la campagne présidentielle, ou si vous trouvez que le monde actuel est vraiment trop bête. En plus Flaubert à un avantage par rapport à tous les autres écrivains, à chaque relecture on se rend compte qu’on n’avait vraiment rien compris la fois précédente.
  • La Recherche. Sans commentaire.
  • Des volumes de Villon, Nerval, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud et Apollinaire (vous avez le droit d’aimer d’autres poètes mais permettez moi de vous dire que vous avez dans ce cas carrément mauvais goût). Certains snobinards aiment bien relire Racine aussi, personnellement ça m’a passé.
  • Plein de Stephen King. Franchement un dimanche d’hiver quand la nuit tombe, quel bonheur de se replonger dans Misery.
  • Des livres que vous relisez avez plaisir à tous les âges et dont vous ne vous lassez pas, pour une raison mystérieuse (chacun aura sa liste).
  • Si c’est votre truc, des livres d’aphorisme : Cioran, Chamfort, La Bruyère…
  • Vos romans préférés – ceux que vous relisez régulièrement : bon là je laisse à chacun choisir. De mon côté : tout Houellebecq, Tolstoï, le Rouge et le Noir, les Misérables.
  • Un (ou deux) bons livres de cuisines. Pas un truc à la mode genre verrine ou cuisine aux algues, mais les indispensables, genre Françoise Bernard.
  • Survivre en ville quand tout s’arrête : si vous êtes un peu paranoïaque de l’effondrement, ou si un jour vous avez peur de vous retrouver dans une prise d’otage ou un tremblement de terre, ce petit livre vous apprendra à garder votre calme, vous soigner, et vous nourrir avec pas grand chose. Très malin et très rassurant.
  • Un Assimil d’une langue que vous souhaitez apprendre (russe, farsi, italien…), ou une méthode de grec ou de latin. On ne le fait jamais vraiment mais c’est toujours bon pour le moral.
  • Un livre qui vous explique les bases du tricot, du bricolage, du jardinage etc. selon vos goûts. Moi j’aime beaucoup dessiner et je recommande vivement « Dessiner avec le cerveau droit » de Betty Edwards.
  • Le Robert Historique de la langue française.
  • L’Histoire de la musique de Rebatet.
  • Et bien sûr La bibliothèque idéale, le livre. Il est vraiment parfait !

Voilà, je suis consciente que cela manque de livres d’histoires, mais dans ce domaine, je n’ai jamais trouvé le Graal donc si vous avez une histoire de France à me conseiller, n’hésitez pas !

L’heure du vote

Salut les amis,

Comme vous le savez, dans 24 jours, nous votons. Si comme moi vous vous êtes arraché les cheveux à la lecture des programmes des candidats et avez changé huit fois d’avis (« je brûle mon bulletin » « je refais Nuit Debout, mais dans mon salon » « je vote Cheminade » etc. etc.), mais que vous avez quand même envie de faire quelque chose, je vous propose les actions suivantes qui ne vous consoleront pas du résultat des urnes, mais vous permettrons au moins de vous sentir utile (et qui sait peut-être plus tard vous donneront l’envie de monter votre propre parti).

A. Faites diminuer le volume de vos poubelles. Sans devenir Bea Johnson, c’est vraiment pas si dur de virer le Sopalin, et de ne plus acheter de produits emballés. Si vous vous sentez l’âme d’un warrior (ce qui n’est pas mon cas), installez un composteur chez vous. Aujourd’hui la plupart des déchets sont brûlés, ce qui fait un peu cra cra en pleine époque post COP 21. Et même si comme Donald Trump vous ne croyez pas au réchauffement climatique, pensez à toute ces particules fines qui viennent se loger dans vos poumons (déjà qu’on ne respire pas à Paris un mois sur deux). Je vous épargne le long laïus comme quoi l’écologie sera (avec la technologie) le grand problème social des prochaines années, et non un gadget pour bobos désoeuvrés – mais si vous insistez je peux vous envoyer un mail de quatre pages.

B. Arrêtez de lire des magasines féminins débiles qui ne parlent que de Botox et de sacs à 3000 euros, et abonnez vous à des revues intéressantes. Franchement, les bonnes revues ne manquent pas en ce moment. Ok c’est du papier et cela contredit mon point numéro un, mais ce sera autant de temps passé loin de vos écrans. Fakir, Ballast, La Décroissance, Limites, Eléments pour les plus à droite d’entre vous, le choix est large. Vous apprendrez beauuuucoup plus de choses qu’en regardant BFM politique ou en lisant Le Monde, c’est promis, et vous aurez des arguments solides dans les dîners (cf point D).

C. Engagez-vous pour un projet près de chez vous. Allez distribuer de la soupe aux SDF du quartier (ou tout simplement vous présenter et leur dire bonjour : plus dur, mais tout aussi utile), installez un composteur au bureau, militez contre l’ouverture du énième restaurant vegan-bar-à-jus-vert de la rue (QUINOA GO HOME), lancez un jardin partagé, un club d’étude du sanscrit. Vous rencontrerez d’autres personnes que vos amis Facebook et même si manger ses propres navets c’est so 2016, lire la Baghavat Gitâ dans le texte c’est carrément cool. (plus vous vous mettrez à dire bonjour à plein de gens dans la rue, et vous vous sentirez comme Chirac à un salon de l’agriculture, boost de l’ego bien plus assuré qu’en achetant le dernier masque éclat de l’Oréal).

D Imposez les discussions politiques dans tous les dîners où vous participez. En général la maîtresse de maison n’aime pas trop, mais comme vous aurez passé pas mal de temps en B, vous rengorgerez d’arguments décapants et de penseurs percutants pour écraser par K.O. les macronistes les plus butés (l’avantage du macroniste, c’est qu’il n’a pas tellement de convictions – le mettre au tapis servira donc d’entraînement avant des combats plus sérieux).

E Arrêtez de prendre l’avion. Je sais que c’est une mesure impopulaire, mais si vous avez la moindre conscience écologique, c’est quasiment la seule chose à faire (même si les militants vegan vous expliquent que manger un steak c’est pire, en fait non.)

F Comme vous lisez ce blog depuis sa création et que cela fait bien longtemps que vous n’avez plus mis les pieds dans un Zara, ni un H&M récompensez vous avec un bel objet artisanal made in France, comme des chaussures sur mesure, un pantalon chez Philipine Janssens, ou si vous êtes moins en fond de jolies chaussettes (un investissement peu coûteux qu’on ne regrette presque jamais). Parce que personne n’a vraiment envie de porter ces affreuses chaussures issues du commerce équitable, avec leurs semelles moches et leur cuir végétal.

G Si les résultats des sondages vous stressent trop, n’hésitez pas à vous confronter aux vrais problématiques qui attendent le XXIème siècle (et dont étrangement aucun candidat ne parle)  et lisez Homo Deus de Noah Yuval Hariri – qui prédit, très tranquillement la disparition de l’espèce humaine, et l’avènement d’un monde à côté duquel les pires scénarios politiques font figure de balade de croisière. Flippant, mais génial (je l’ai déjà lu deux fois, c’est dire).

 

Mars

Salut les amis,

Je m’aperçois que j’ai un peu fait mon Terence Malik du blog. Six mois sans nouvelles….Entre temps des millions de bots russes ont mis des pubs pour le Viagra en guise de commentaire (est-ce que quelqu’un ici sait comment faire marcher Akismet, je veux dire vraiment?), et pas mal (quelque millions) de lecteurs éplorés m’ont suppliée de reprendre (un peu comme quand Conan Doyle avait tué Sherlock Holmes). Bref. Je ne vais pas me la jouer candidat à la présidentielle de 2017, et je préfère ni me justifier pour mon long silence, ni vous balancer des promesses de campagne foireuses, telle que « promis maintenant j’écrirai toutes les semaines », mais je vais quand même vous donner quelques nouvelles.

Alors d’abord, oui, je me suis alignée sur le départ de la Sainté Lyon, en pleine nuit, entourée de quelques milliers de candidats, majoritairement masculins en chaussettes montantes (en trois ans de course à pied, je n’ai toujours pas compris à quoi diable servaient ces chaussettes), et en tenue moulante. De mon côté je pensais avoir tout prévu : les chaussures spéciales trail (on prononce « traïllle », ne me demandez pas pourquoi), achetées une fortune sur i-run, la tenue spéciale trail, achetée une fortune au Vieux Campeur (oui c’est bien l’apôtre de la non consommation qui vous parle), une motivation à toute épreuve soutenue par de vieux souvenirs de performances diverses (alpinisme, marathon…) tous dans les années 2000 ou 90 mais qu’importe ! J’avais tout prévu sauf de manger correctement la veille de la course, et le jour même, et c’est victime d’un estomac défaillant que j’ai du abandonner au 52 ème kilomètre (oui, 52, quand même, même si dans le monde du trail, c’est considéré comme une simple distance d’échauffement). J’ai donc fini avec quatre kilos en moins (que j’ai repris illico), pas de t-shirt finisher, et malgré tout l’envie de recommencer (on est idiot, ou on ne l’est pas).

Sur le reste je pratique le yoga avec assiduité, je pense que c’est un des seuls aspects du monde moderne qui ne soit pas à jeter totalement à la poubelle.  Surtout je milite à l’AFCIA, et j’en suis très fière.

Bon et sinon j’essaie toujours d’écrire un roman. C’est la première fois que je persévère dans un projet  (je veux dire plus de deux chapitre), ce qui me permet d’expérimenter les joies de l’écriture : dépression sévère (je ne vaux rien, autant se jeter sous un pont), mégalomanie (je suis en train de révolutionner le roman moderne), re-dépression (je crois que j’ai déjà lu tout ça quelque part), résolution de la dernière chance (bon finissons au moins quelque chose avant que mon congé se termine). Franchement, à côté de l’écriture, la Sainté Lyon, c’est une joyeuse promenade.

Déjà, les jansénistes avaient raison : il y a ceux qui sont doués pour cela et les autres. Quand vous appartenez comme moi au second groupe, il ne vous reste plus qu’à suer sang et eau pour un résultat aléatoire. Je sais de quoi je parle, je vis avec quelqu’un qui écrit des romans parfaits quasiment en trois semaines, en travaillant une heure de ci de là, quant à moi il m’a fallu donc près de quatre mois pour trouver une idée, encore cinq pour avoir une vague histoire et un pour écrire un chapitre. J’ai honte (mais j’ai écrit un chapitre).

Voilà c’est à peu près tout, la suite des nouvelles dès que je termine le chapitre 2 !

 

Mes résolutions de rentrée

J’adore prendre des résolutions. C’est comme les soldes ou les régimes pour d’autres, les résolutions c’est plus fort que moi. J’en prends pour un oui ou pour un non (anniversaire, nouvelle année, mais aussi centième jour de l’année, ou tout simplement parce que j’en ai envie).

  • Souhaiter les anniversaires de tous mes amis, le jour de leur anniversaire, et ce – même s’ils ne sont pas sur Facebook. Quand je vois le nombre de gens qui pensent à moi le 25 juillet, et le nombre de sms d’anniversaires que j’envoie dans l’année…j’ai honte.
  • Courir des ultras (>50 km). Je ne sais pas encore quand ni comment, mais ça fait longtemps que j’en rêve, alors j’ai décidé que ce serait cette année. Idéalement, j’aimerais bien commencer par la Saintélyon mais l’an passé toutes mes inscriptions à des trails se sont soldés par des échecs (attentats, pluie, crise de flemme, imprévus divers et variés) donc même si je suis inscrite, je ne crierai victoire que lorsque je me serai alignée dans le sas de départ. En attendant : je cours – et j’achète des objets inutiles sur i-run. (Mais je n’ai pas acheté de chaussettes qui montent, n’ayant pas compris l’utilisé de cet objet). Ah oui et en bonne lectrice compulsive, j’ai aussi dévoré toute la littérature sur la course à pied possible et imaginable (sauf l’autobiographie de Killian Jornett qui est quand même assez ennuyeuse).
  • Arrêter de dire du mal des gens  tout en trouvant des sujets de conversations drôles et intéressants (mission quasi impossible, mais j’aime les défis).
  • Monter plus en tête en escalade : oui je suis une grosse trouillarde, je déteste monter en tête (du genre je suis capable de me bloquer dans une 4+, si si j’ai des témoins). Cette année c’est terminé, nous avons décidé avec Eckart Tolle que la peur de la chute n’était qu’une illusion.
  • Apprendre à cuisiner (personne ne rit dans la salle svp) pour élargir mon panel de recette qui se limite aujourd’hui à la blanquette et aux lasagnes.
  • Finir le Capital de Marx entamé cet été avant mon prochain anniversaire.
  • Reprendre le yoga, un peu abandonné ces derniers mois grâce à un outil magique de la vie moderne (et oui même une disciple stricte d’Ivan Illich comme moi sait apprécier les bienfaits de la technologie) : le yoga en vidéo (merci Casa Yoga). Alors j’avoue, je passe une heure à choisir mon cours (« maîtriser l’oiseau de paradis » ou « évacuer les tensions dorsales »?), et en me mettant dans la pièce centrale de notre appartement pour faire mes torsions, je gêne un peu tout le reste de ma famille (pas très yogique), mais je sens une vraie différence depuis la période où je prétendais faire du yoga et où je bâclais trois postures en deux minutes et demi (à cette époque – pas si lointaine – dérouler et poser mon tapis me prenait quasiment plus de temps que ma « séance »).
  • En cette année électorale, faire prospérer mon parti politique, le PIF2.

Et vous, vous avez pris des bonnes résolutions?

Vacances

Les vacances en famille s’achèvent et même si je ne suis pas une inconditionnelle de ce moment de l’année (je n’aime pas la chaleur, et les hommes en tongs me donnent des crises d’angoisse – ainsi que les programmes d’été à la télé), je dois reconnaître que j’ai survécu…Vous savez donc si vous avez lu ma note précédente que j’ai failli à tous mes principes pour ces vacances qui se voulaient vertes, zéro déchets, et tutti quanti, donc je ne vous raconterai pas qu’on a tout soigné avec des huiles essentielles, qu’on a allumé des feux nous même, et acheté nos pique niques à des petits producteurs sur le bord de la route. Mais on n’a pas tout raté quand même.

Tout d’abord nous avons offert aux enfants une nuit en cabane dans les arbres. Succès à 100%, ils ont tout aimé, des moustiques qu’il fallait écraser à coup de basket (oubli du pschit à la citronnelle), aux toilettes sèches en hauteur (gros succès, sans doute le clou du séjour, voire de l’été).

Avait précédé une nuit à la ferme (dans une yourte!) grâce au réseau Accueil paysan que je vous recommande si comme moi vous avez des rêves rentrés de survivalisme et que vous voulez voir ce que cela fait de marcher dans la boue, et de traire les chèvres. Les enfants ont ainsi pu nourrir cochons, chèvres, et poules, se salir un max, et subir un cours de ma part sur les constellations (qui a été assez peu suivi, comme les autres conférences que j’ai pu donner à mon public de moins de 1m 40 respectivement sur les cathares, le réchauffement climatique, ou l’art de survivre en forêt)(je venais de lire le Wiseman).

On ajoute à cela les impondérables des vacances (intoxication alimentaire aux fruits de mer dans la voiture de location, piqûre de vive, d’abeille, de moustiques, sans compter les poux qu’on a baladés à peu près partout de Paris aux Pyrénées sans en perdre un seul sur la route, mais en en refilant à tous nos copains au passage), les levers de lune sur la montagne, et la joie de revoir mes chères Pyrénées.

Et, aujourd’hui c’est mon anniversaire (je vous ferais bien une litanie sur le temps qui passe, la maturité qu’on gagne avec les années, les leçons de la vie etc. etc., mais si je suis honnête ma pré-quarantaine ne m’inspire absolument rien), j’ai versé ma petite larme devant les cartes de vœux homemade reçues ce matin, et surtout je dis merci au moniteur de la colonie de vacances qui a embarqué notre progéniture pour une journée « plein air » (un très beau cadeau!!). Mon fils qui serait plutôt du genre « tout intérieur » était à peu près aussi ravi qu’un zadiste perdu dans un centre commercial un jour de soldes, mais je l’ai poussé d’un grand coup de coude « Tu vas voir, tu vas bien t’amuser » (#mauvaisemère). En attendant la tournée du Saint Etienne by night promise par mon cher et tendre (Saint Etienne est une destination tellement pointue que même les hipsters de mon quartier ne sont pas encore arrivés là), je vais pouvoir profiter des premières heures de calme depuis bien longtemps pour m’adonner à mes deux occupations favorites : la sieste, et la lecture de nouvelles qui font peur (j’en ai trouvé tout un stock dans la meilleure librairie d’occasion de France – qui étrangement se trouve à Foix).

Mais promis citrongingembre reprendra bientôt du service avec les sujets sérieux habituels (lectures pointues, féminisme, lutte contre le grand Capital, et écologie qui gratte).

Comment s’habiller sans faire travailler des femmes enceintes et des enfants?

Oui parce que c’est bon maintenant vous n’allez plus au supermarché grâce à mon post précédent, mais (si vous êtes une femme notamment) il reste la difficile question de l’habillement. Même si on arrête d’acheter des paquets de Pim’s en cas de crise ou des pots géants de Nutella, il reste la difficile question du petit haut soldé à 19,99 euros. En ce moment j’arpente les villes de province de la France entière et dans tous les centre-ville, c’est simple il n’y a plus une boucherie, plus une boulangerie, mais des rangées entières de magasins de vêtements. Alors déjà je vous décomplexe, de ce côté là je suis encore très loin de la perfection (pour les enfants notamment, où je fais régulièrement des rafles chez Petit Bateau ou Monop), mais je me soigne. Et comparé à un temps pas si lointain, où je ramenais un samedi sur deux des sacs entiers de chez H&M, je me dis que j’ai quand même pas mal progressé.

  1. Lisez No Logo de Naomi Klein. C’est The Bible, le livre qui vous dégoûtera (momentanément) du jean et du t-shirt en jersey à 2,99 euros. Ah oui il date de l’an 2000, mais honnêtement je ne pense pas que la question des conditions de travail et du désastre écologique de la culture du coton soit moins d’actualité.
  2. Arrêtez de lire les blogs qui parlent de mode, d’habillement, de rouge à lèvre, ou de « comment trouver son style » Dans l’ensemble ils sont tous (consciemment ou pas) sponsorisés par les grandes marques de prêt à porter, et / ou de beauté, et visent à créer une chose : de la frustration (envie du petit haut de la dernière collection, plus sentiment ne pas être assez mince). Si la mode vous passionne, achetez vous plutôt des livres d’art, de cinéma, allez dans les musées, ou les galeries de photo, et relisez Proust et Cocteau, vous y trouverez plus d’inspiration que sur un blog sponsorisé par Sandro et Maje.
  3. Achetez (cher) des vêtements (et des chaussures) qui ne se démodent pas, dans des matières nobles (lin, comme les disciples de Pythagore, soie, laine, cachemire…) – et cela va sans dire fabriqués en France. Attention à l’étiquette « made in France » qui parfois ne concerne que la touche finale du vêtement (par exemple les boutons sont cousus en France, mais tout le reste a été fait au Bangladesh). Un indice : si une marque a besoin de faire de la pub, ce n’est pas bon signe (autrefois on pouvait encore se fournir chez Bompard, qui n’avait qu’une boutique à Paris, ou Weston, ou Repetto, maintenant c’est terminé). Questionnez vos amis snobs s’il le faut pour obtenir le nom de leurs fournisseurs, cherchez les petits fabriquants qui font des séries limitées, ou alors les marques ultra snob. Un autre indice : un vêtement de bonne qualité coûte (souvent) cher. Pour les coupes, choisissez des coupes qui ne se démodent pas, et qui sont adaptées à leur morphologie. Ou alors – solution adoptée par mon père – achetez toute votre garde robe une année donnée (pour lui c’était 1974) et attendez qu’ils reviennent à la mode, en refusant de changer entre temps.
  4. Arrêtez de faire des régimes et de maigrir, puis regrossir, puis re-maigrir. Gardez un poids et une taille de vêtements stable, cela vous évitera des rachats de garde robe permanent.
  5. Quand vous trouvez un vêtement qui vous plaît, qu’il est de bonne qualité et fabriqué dans des conditions correctes, achetez en directement deux ou trois, dans des couleurs différentes.
  6. Arrêtez d’acheter des sacs. Le sac à main est un pur objet du capitalisme : souvent inutile (un sac en tissu remplit la même fonction), c’est l’un des objets du prêt à porter avec la marge la plus élevée de l’industrie du luxe (lisez Luxe & co de Dana Thomas). On nous martèle la tête avec l’idée qu’il est normal de payer près de 300 euros (quand ce n’est pas plus) pour un objet qui peut tout à fait être remplacé par …n’importe quoi (voire vos poches si vous vous débrouillez bien), qui n’est pas pratique, et qui – blague –  se démode tous les ans. S’il y a bien un emblème des formes modernes de l’aliénation féminine, c’est bien le sac. Boycottez  !
  7. N’achetez plus rien. Une solution choc surtout si vous n’avez pas les moyens du 3. Vous verrez qu’en fait un vêtement est assez inusable et que vous pouvez tenir deux ou trois ans (voire plus) avec les même pièces. Ou mieux si vous êtes manuelle : apprenez à coudre.
  8. Si vraiment vous ne tenez pas le choc : achetez vintage. Entre le bon coin, ebay, et les milliards de boutiques qui fleurissent ici et là, le choix ne manque pas (et près de chez moi une des meilleures adresses de toute la France : Troc en stock, 6 rue Clauzel).
  9. Arrêtez de fréquenter vos copines qui sont dans la mode, le cinéma (culte de l’apparence), ou qui travaillent 70 heures par semaine dans des cabinets d’avocats ou de conseil et qui pour compenser s’achètent un manteau à 1500 euros tous les mois – (je sais, je l’ai fait, on déteste tellement l’argent qu’on gagne qu’on se venge par des dépenses ostentatoires). Fréquentez plutôt des hommes, si vraiment la pression mimétique est trop forte.

Voilà, avec tout cet argent économisé vous pourrez  – comme je viens de le faire offrir – une nuit en cabane dans les arbres à vos enfants (un indice : pensez à l’anti-moustique), ou les deux tomes de la Pléiade de Foucault pour tenter de trancher cette difficile question : était-ce une imposture intellectuel ou au contraire l’un des penseurs fondamentaux du XXème siècle?

Sur ce bonnes vacances à tout le monde !

Le syndrome de l’imposteur

Salut les gens,

Je suis en vacances, en train de faire un tour de France en famille et je dois avouer qu’en ce moment, je souffre d’un énorme syndrome de l’imposteur (=syndrome du gauchiste qui après avoir donné des leçons à tout le monde, tracté dans les usines, et fréquenté Althusser a fini dans le Lubéron avec une grosse voiture, après avoir détourné les fonds de son parti politique).

En ce moment, par exemple, nos deux enfants sont vautrés devant Gulli depuis 6h30, ça c’est pour les nourritures sprituelles, sinon ils se nourrissent essentiellement de glaces et de tartines de Nutella. Pire nous roulons en voiture diesel (climatisée), je leur mets de la crème solaire pleine de nanoparticules (achetée dans un Carrefour Drive cela va sans dire). Nous jetons chaque jour l’équivalent d’une poubelle d’emballages.

J’essaie d’écrire un livre, mais ma production se résume à des commentaires fleuves sur facebook. J’ai lu à peu près dix pages des Mémoires d’outre-tombe, mais l’intégralité de la presse féminine (même la presse féminine régionale, et même les prospectus de l’office de tourisme – tout plutôt qu’un truc sérieux).

Et je n’ai pas réussi à aller à la messe depuis le début des vacances (pénurie de prêtres = la messe la plus proche est toujours dans un village à 45 km).

Ah oui et je maudis le concept de valise minimaliste, quand vous êtes dans l’impossibilité de faire des lessives (=pas forcément compatible avec une alimentation à base de Nutella/glace au chocolat). Je suis sur le point de foncer dans la première grande surface venue racheter des t-shirts propres.

Heureusement il me reste mes carnets pour noter toutes mes résolutions de rentrée pour une reprise en main bien ferme.

Sur ce je vous souhaite de bonnes vacances, pleines de Magnum chocolat blanc-amandes, et de magazines people.

 

Reprise

Bonjour les gens !

Désolée de vous avoir laissé en plan pendant si longtemps. En punition, j’ai été privée de mois de mai : pas de crépuscules rosés, ni de cerises (trop mauvais temps), mais cette pluie quasi perpétuelle et ces petites averses qui tombaient précisément au moment où vous mettiez les pieds dehors.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui m’est cher : comment ne plus aller au supermarché? Bon je dis supermarché, mais je pense aussi Franprix, G20, Citymarket…

Pour citer G.K. Chesterton  : « Faites tout ce qui peut empêcher l’achèvement de l’entreprise capitaliste. Faites tout ce qui peut la retarder Sauvez une boutique sur cent. Sauvez une petite ferme sur cent. « .

En effet les supermarchés c’est le mal :

  • Ils sont laids, et ils défigurent les périphéries des villes.
  • Les caissiers ont des conditions de travail déplorables (ma nièce a bossé chez Carrefour et elle m’a raconté les blagues machistes – bon ok ce n’est peut-être pas propre aux hyper, les horaires minutés, et la débilité absolue du travail).
  • Ce sont tous les mêmes partout qui vendent les mêmes produits. C’est pour moi le principal problème du capitalisme : imposer l’uniformité là où on pourrait (et où on avait autrefois) des magasins différents, tenus par des gens différents, qui vendaient des produits différents (ce qui pour les plus âgés faisait que voyager même en France était un réel dépaysement). Aujourd’hui tout est « partout pareil » (pour citer mon père qui justifiait ainsi de nous traîner tous les étés dans une vallée perdue de l’Ariège au lieu de nous emmener sur les plages du monde entier comme nous le réclamions).
  • Ils n’ont aucune éthique (achat de viande industrielle produite dans les conditions déplorables), mais ne se gênent pas pour faire du green washing (cf les récentes pubs sur le vrac, au secours).
  • Ils mettent une bonne partie des français au chômage (qui importe des produits chinois à bas prix, obligeant l’usine du coin à fermer).

Pourtant dans mon entourage, tout le monde se rend au moins une fois par semaine dans un Franprix ou un Leclerc parce que (au choix) 1 J’ai une famille 2 Il y a tout sur place 3 Il est minuit et je n’ai plus de tampax 4 Je ne vais quand même pas faire mes courses dans six magasins différents.

Eh oui, arrêter de faire ses courses en grande surface c’est pénible, cela demande un peu (beaucoup) de boulot, et – c’est vrai – cela demande de vivre dans un confort moindre. Mais la bonne nouvelle, c’est que c’est tout à fait possible.

La règle numéro un c’est de remplacer le jetable (Sopalin, couverts en plastiques, tampons hygiéniques…) par du durable. Si vous avez la chance d’avoir des grand parents encore en vie, demandez leur comment ils vivaient quand ils étaient petits et recopiez.

La règle numéro deux c’est de manger moins de viande / fromage / produits laitiers  (voire plus du tout pour les plus motivés d’entre nous) et de retrouver le chemin de votre boucher et de votre fromager le plus proche.

La règle numéro trois c’est d’acheter en grandes quantités tout ce qui est longue conservation dans l’endroit de votre choix (marché si vous avez la chance d’en avoir un près de chez vous, magasin bio, épicerie de quartier), ainsi vous n’aurez pas la tentation de vous ruer sur le G20 un dimanche soir parce que les placards sont vides.

Enfin il ne vous restera plus qu’à apprendre à faire le ménage avec le tryptique « vinaigre d’alcool / bicarbonate et savon noir » (que idem vous stockerez), et le tour est presque joué.

Bon et moi je ne le fais pas mais je sais que certain(e)s en sont capables, il reste pour ceux qui ont du temps et / ou des économies : faire soi même (son pain, sa lessive, son Nutella, ses yaourts…).

Je ne vous cache pas qu’il y aura de nombreux obstacles.

Le premier est que soit cela vous coûtera plus d’argent, soit si vous choisissez l’option faire soi même, cela vous prendra plus de temps. C’est inévitable, et c’est un sacrifice à faire. En effet les bas coûts et le confort des horaires étendus des grandes surfaces masquent toutes les externalités négatives (citées plus haut) qui ne sont pas comprises dans le prix. Si les économistes de Bercy faisaient leur boulot, il y aurait une taxe spéciale pour rétablir l’équilibre (=intégrer les externalités), mais comme c’est impopulaire, on préfère fermer les usines et les petites exploitations agricoles et continuer à soutenir les importations de produits chinois. C’est un choix (ne vous inquiétez pas quand je serai au pouvoir tout ceci sera vite réglé). Mais du coup c’est au consomnateur de faire les efforts. On peut juger que c’est injuste et du coup refuser de les faire, ou tant pis accepter le sacrifice.

Le second est que les enfants sont littéralement drogués aux marques et vont vous réclamer qui du Nutella, qui leur paquet de céréales (avec labyrinthe à faire derrière), qui leurs gâteaux favoris. A ce jeu là il n’y a qu’une catégorie de mères qui s’en sortent : celles qui savent préparer des fournies de cookies faits maison. Les autres, comme moi, deviennent simplement impopulaires. Compensez avec autre chose.

Le troisième est qu’on a l’impression que cela ne sert à rien. C’est toujours la question de l’intérêt de faire des efforts individuels qui ne pèsent presque pas dans la balance globale. Effectivement vos efforts ne se verrons pas trop, et ne précipiteront sans doute pas  le grand jour (quoique finalement who knows?), mais au moins vous vivrez en accord avec vos principes (et en plus vous mangerez mieux, et vous rencontrerez des bouchers et des boulangers sympas).

Question subsidiaire (qu’on me pose souvent) : est-ce que j’intègre dans mon combat les grandes surfaces bio genre Naturalia? réponse : non évidemment. Sans Naturalia, je ne pourrai pas survivre. Il y a un problème avec leurs fruits et légumes (qui viennent tous de grandes exploitations espagnoles qui n’ont de bio que le nom), mais pour le reste c’est indispensable.

La prochaine fois, je vous expliquerai comment bien vous habiller sans aller chez H&M et Zara ni ces horribles marques de vêtements éthiques (avec leur nom moins horribles chaussures en matière végétale).